Du 10 mars au 30 juin 2014, à La Parole errante, Montreuil :
Sous le signe de La Parole errante & d'Armand Gatti
Les carnets du reporter Pierre Joffroy.
Atelier dirigé par Marc Kravetz, journaliste. En présence d'Armand Gatti.

 Dans le cadre du programme régional de résidences en Ile-de-france

La Parole Errante vous invite à un atelier consacré au journalisme et au métier de reporter à travers une série de rencontres thématiques avec pour fil rouge la carrière de Pierre Joffroy, grand-reporter au "Parisien libéré" puis à "Paris-Match" et compagnon d’écritures d’Armand Gatti. Avec lui nous allons parcourir l’itinéraire singulier d’un (grand-) reporter au travail ainsi que l’histoire d’une époque (et de ses journaux) telle que saisie dans le miroir des reportages qui entendent la raconter. Lors de chaque rencontre nous évoquerons un aspect (parfois plusieurs) de cette histoire mais toujours au plus près des reportages qui s’y rapportent avec une attention particulière sur leur production, leur écriture et bien sûr le(s) sujet(s) abordé(s).

 

Photo : Armand Gatti et Pierre Joffroy. © Ariane WEIL. Mars 1950.

 

Marc Kravetz est un grand reporter français, journaliste à France Culture. Il a reçu le prix Albert-Londres en 1980 pour ses reportages en Iran, alors qu'il travaillait pour le quotidien Libération. Il a publié sur Armand Gatti, L’Aventure de la parole errante, Ed. L’Ether Vague (1991) et Armand Gatti, Ed.  Jean-Michel Place (2003).



Prochain atelier :


 Lundi 30 juin 2014 - 19h  Le « journalisme d’implication »

 INSCRIPTION REQUISE CLIQUER ICI
Il pourrait sembler prétentieux d’intituler cette cinquième rencontre « éthique du reportage », c’est pourtant ce dont on parlera ainsi. « Journalisme d’implication » est un terme forgé par Pierre Joffroy pour qualifier le journalisme de son ami Armand Gatti. L’implication est ici le contraire de l’observation à distance, objective et quantitative. Elle suppose un engagement total du reporter dans son sujet. Ce que dit Joffroy de son ami s’applique évidemment tout autant à lui-même et du reste ils ont aussi pratiqué ensemble ce « journalisme d’implication ».
Il s’agira donc dans cette cinquième rencontre d’explorer ce qu’il en est vraiment du reportage quand il ne se contente pas d’être une sorte d’art d’agrément du journalisme.

 

REPRISE DES ATELIERS EN SEPTEMBRE

Précédents ateliers :


Lundi 10 mars 2014 - 19h Le journalisme toujours à réinventer.

« Une presse neuve dans une France libre » promettait à sa une, en forme d’éditorial, le premier numéro du Parisien libéré daté du 22 août 1944. Trois décennies plus tard, le quotidien "Libération" (deuxième du nom, né en 1973) affichera à son tour sa volonté de créer un journalisme nouveau. Les contextes ne sont évidemment pas comparables, mais d’une génération à l’autre, de jeunes journalistes affichent des ambitions similaires. Ils veulent être les témoins passionnés de leur société et de leur temps et le reportage est toujours au cœur de leur démarche.
Cette première rencontre essaiera de rendre compte à  la fois des deux époques. Celle du "Parisien libéré" où Pierre Joffroy et Armand Gatti font alors leurs débuts, et les premières années de "Libération" qui devient peu à peu un journal. 


Lundi 7 avril 2014 - 19h Histoire et histoires. La question de Palestine, 1947
Point de départ : On est en 1947, deux jeunes reporters français s’embarquent clandestinement sur l’un de ces rafiots qui transportent des milliers de juifs européens décidés à gagner, à tout prix, leur Terre promise, la Palestine, encore et pour peu de temps sous administration britannique. François-Jean Armorin du quotidien Franc-Tireur et Pierre Joffroy du Parisien libéré vont accompagner de bout en bout les quelque 3000 passagers du cargo rebaptisé Theodor Herzl, subir avec eux l’abordage du navire par la marine de Sa Majesté britannique, et avec eux se retrouver derrière les barbelés d’un camp anglais où sont parqués les juifs refoulés de Palestine.  Nos deux jeunes journalistes – moins de cinquante ans à eux deux - vont publier ainsi leurs premiers  « grands » reportages.
Le contexte :  la « Question de la Palestine » est l’une des premières crises internationales majeures de l’après-guerre même si elle n’est pas (encore) perçue comme telle. En novembre 1947, l’assemblée générale de l’ONU vote à la majorité le plan de partage de la Palestine sous mandat britannique entre Juifs et Arabes. Si le mouvement sioniste l’accepte (non sans réticences), les pays arabes le refusent dans son principe. En Palestine, des combats sporadiques se déroulent un peu partout entre milices juives qui revendiquent et milices arabes qui rejettent l’appropriation du pays par la colonisation sioniste. Six mois plus tard, au départ des troupes britanniques et alors que David Ben Gourion proclame la naissance de l’État d’Israël, c’est désormais une guerre totale qui se déclenche. C’est l’année 1 du conflit israélo-arabe.
Le conflit est évidemment la toile de fond du sujet que traitent Joffroy, Armorin et plusieurs autres reporters embarqués sur les cargos des immigrants juifs en route vers la Palestine dont beaucoup sont des survivants, des rescapés de l’Holocauste.  Les Britanniques ont drastiquement limité l’accès de ces immigrants et les nouveaux arrivants sont systématiquement interceptés en mer avant d’être dirigés manu militari vers des camps installés sur l’île de Chypre.  Cette confrontation parfois meurtrière, toujours dramatique, est le sujet central de ces reportages dans lesquels les Arabes apparaissent à peine. C’est la grande histoire du moment. Et c’est cela qu’il nous revient d’interroger dans un premier temps. A suivre.


Lundi 5 mai 2014  - 19h La question de Palestine (suite). Journalistes et reporters confrontés au conflit israélo-arabeDepuis plus de soixante ans, le conflit israélo-arabe ou israélo-palestinien occupe les colonnes des journaux quand il n’en fait pas les gros titres. Journalistes et reporters, quoi qu’ils en aient semblent en être devenus parties prenantes. Au fil des guerres successives  tendances et sympathies varient, parfois s’inversent. L’opinion publique est elle aussi devenue un acteur tiers dans le conflit. Chaque camp accuse « les médias » de faire le jeu de leur ennemi. Tout cela qui mérite d’être examiné de près.
Ce sera l’objet de cette troisième rencontre.


Lundi 2 juin 2014 - 19h Le fait divers, comme son nom l’indique
Le fait divers est à la fois une  matière première de la « grande presse » et le parent pauvre du traitement journalistique, généralement décrié sous l’appellation peu glorieuse de « chiens écrasés ». De quoi s’agit-il ? Difficile à définir, sinon par la négative, tout ce qui ne peut entrer dans les rubriques nobles du journal, la politique, l’économie, le social, la diplomatie, la culture, le sport, etc. Il y a certes quelques crimes sensationnels, quelques grands procès spectaculaires promis à faire la « une » de l’actualité, mais le reste, le tout venant, aux marges des règles établies ou dans les failles de la société, voilà qui justement nourrit la colonne des « faits divers ». Mais ce sont eux qui racontent aussi ce qu’il en est vraiment de notre monde au jour le jour. À la condition toutefois que les journaux les traitent autrement. C’est à quoi s’emploient des reporters tels que Joffroy ou Gatti quand ils vont à la rencontre des marginaux, des exclus, des sans voix auxquels ils vont prêter la leur et leur plume. (Ce sont des exemples, ils ne sont pas uniques.)  Consommé sans modération par le Parisien libéré, le « fait divers » en fut la marque pour le meilleur et pour le pire. À sa manière, le journal "Libération" reprendra le flambeau en s’efforçant de renouer avec le meilleur d’une tradition initiée trente ans plus tôt.
Lors de cette quatrième rencontre on découvrira quelques-uns de ces reportages et chemin faisant quelques pépites d’écriture.

La Parole errante à la Maison de l'arbre

9 rue François Debergue 93100 Montreuil. Métro Croix-de-chavaux.

M° L9.


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