Repères biographiques et artistiques

 

1924 Naissance de Dante Sauveur Gatti à Monaco, fils d’Auguste Rainier Gatti, éboueur, et Letizia Luzona, femme de ménage. Après avoir habité le bidonville du Tonkin, à Beausoleil, la famille s’installe dans la même banlieue monégasque, dans le quartier Saint-Joseph.

 

1941 Exclu du petit séminaire, il rentre en première au lycée de Monaco. Il écrit une épopée signée Lermontov où il se moque de ses professeurs, ce qui entraîne son exclusion le 14 juin.

 

1942 Il exerce divers petits métiers, dont celui de déménageur, et  de sous-diacre à l’église Saint-Joseph. Le 2 mars, son père Auguste meurt des suites d’un tabassage lors d’une grève d’éboueurs. Il part alors en Corrèze, dans le maquis, avec la recommandation du père gramscien d’un de ses amis.

 

1943 Arrêté à Tarnac, il est emprisonné à Tulle, puis transféré à Bordeaux où il travaille à la construction de la base sous-marine. Transféré à Hambourg, au camp de travail de l’entreprise Lindemann, il s’en évade et rejoint en Corrèze l’un des nombreux maquis dépendant de Georges Guingouin.

 

1944-45 Parachutiste à Londres dans le Special Air Service (SAS), il participe à la bataille de Hollande. Renvoyé dans ses foyers le 1er novembre 1945, il passe la nuit de Noël avec Philippe Soupault, auquel l’a présenté un ami parachutiste. Celui-ci consacre quelques pages au « jeune homme » dans son « Journal d’un fantôme » : « Nous parlons de Rimbaud, de Lautréamont. (…) Ses jugements sont justes, parfois sévères lorsque les poètes l’ont déçu. (…) Ah ! Henri Michaux, dit-il, Michaux, lui il est bien ! »

 

1946-47 Sur recommandation d’un ami monégasque, il entre en janvier 1946 au Parisien libéré comme rédacteur stagiaire. Il y rencontre celui qui sera son ami de toujours, Pierre Joffroy. Pendant quelques mois, il est « locataire clandestin » à la Cité universitaire, au pavillon de Monaco. Puis il emménage sur l’île Saint-Louis, dans un hôtel meublé, quai d’Anjou, où sont logés Gilles Deleuze, Georges Arnaud, Karl Flinker, Georges Decaune, Michel Tournier, Yvan Audouar, Alejandro Otero et François-Jean Armorin. Kateb Yacine les rejoindra en 1952. Dans les salons de Mme Tézenas, il rencontre Henri Michaux, Pierre Souvchinsky, Yves Benot, Paule Thevenin, André Berne-Joffroy, Guy Dumur, Michel Cournot… Journaliste le jour, poète la nuit, il commence l’écriture de Bas-relief pour un décapité, puis d’une pièce intitulée Les Menstrues.

 

1948-49  Avec Pierre Boulez et Bernard Saby, devenus ses amis, ils accueillent John Cage, Morton Feldman, Merce Cunningham et Morton Brown. Nommé, le 1er janvier 1949, rédacteur au Parisien libéré, il y devient la même année reporter, statut qu’il gardera jusqu’à son départ du journal, en 1956.

 

1950-51 Reportages souvent cosignés avec Pierre Joffroy sur des sujets variés : spiritisme, justice, pauvreté, Collaboration, exploitation de la main-d’œuvre en Martinique… Fin 1951, il part pour l’Algérie où il rencontre Kateb Yacine. De son côté, Pierre Joffroy écrit sur les bidonvilles nord-africains en France. Ce double reportage qui prévoit l’insurrection et décrit la grande misère de la population nord-africaine ne sera pas publié, mais ils écrivent au président de la République, Vincent Auriol, pour l’alerter sur la situation.

 

1952 Création à Cologne de son poème Oubli signal lapidé, musique de Pierre Boulez, par l’ensemble vocal Marcel Courand. Il assiste à un concert de Pierre Boulez, au théâtre des Champs-Elysées, où il prend à partie les spectateurs qui protestent contre cette musique.

 

1953  Il assiste au procès d’Oradour-sur-Glane. « La Justice militaire », article publié dans Esprit, dénonce l’acquittement d’un capitaine de gendarmerie « coupable d’avoir fait passer de vie à trépas quelques maquisards ». Il poursuit sa réflexion sur la justice avec un réquisitoire virulent contre le déroulement du procès de Pauline Dubuisson (Esprit de janvier).

 

1954 Il apprend le métier de dompteur pour réaliser l’enquête « Envoyé spécial dans la cage aux fauves » qui lui vaut le Prix Albert-Londres. Devenu grand reporter, il voyage en Amérique latine (Costa Rica, Salvador, Nicaragua). Envoyé spécial au Guatemala, il assiste à la chute du gouvernement Arbenz et rencontre un jeune médecin argentin, Ernesto Guevara, le futur Che. De retour d’Amérique centrale, il écrit dans Le Parisien libéré et Esprit et interviewe l’écrivain Miguel Angel Asturias pour Les Lettres françaises. Il commence à rédiger Le Quetzal puis Le Crapaud-Buffle et travaille avec Pierre Joffroy et Kateb Yacine sur une biographie de Churchill, publiée au Seuil.

 

1955 Il quitte le quai d’Anjou pour le 17e arrondissement. Retournant au Guatemala, il passe par Mexico. En Europe, dix ans après la fin de la guerre, il découvre des camps de « personnes déplacées », sur lesquels il écrit un article, « Malheur aux sans-patrie ».

Il entre à Paris-Match. Passant par la Russie, la Sibérie et la Mongolie, il part pour trois mois en Chine avec Chris Marker, Michel Leiris, Jean Lurçat, Paul Ricœur et René Dumont. À la découverte du théâtre chinois – et tout particulièrement de Kouan Han Shin, auteur du XIVe siècle – il rencontre Mei lan Fang, prodigieux comédien de l’opéra de Pékin, et retrouve son ami Wang, connu à Paris à la fin des années 40, qui l’introduit auprès de Mao Tsé-toung. Retour par le Transsibérien.

 

1956 Les journaux auxquels il collabore refuse son reportage sur la Chine, mais un livre paraît aux éditions du Seuil, dans la collection « Petite Planète » dirigée par Chris Marker. Il est naturalisé français. Pour France-Soir, il écrit une longue série d’articles « J’ai filé les détectives privés » et part en voyage avec Joseph Kessel à Helsinki.

 

1957 Il finit d’écrire la pièce Le Poisson noir, issue de son voyage chinois. L’Express et Détective lui offrent une place de rédacteur. En juin, il accepte le poste de rédacteur en chef de Libération (celui fondé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie) et part en septembre en Sibérie avec Chris Marker pour le tournage du film Lettre de Sibérie et l’écriture du livre Sibérie, - zéro + l’infini. À son retour, envoyé à Nantes par L’Express pour rendre compte des grandes manifestations des ouvriers nazairiens, il est matraqué par la police. Sa tête entourée de bandages illustre son article. Il fait procès aux CRS, et perd.

 

1958 Il décline la proposition de la Guinée de créer un journal à Conakry. Il commence à travailler, avec Pierre Joffroy, au scénario de L’Enclos et finit d’écrire Don Tibério, qui deviendra Le Crapaud-Buffle.

Au mois de mai, départ pour la Corée du Nord et la Chine, avec une délégation où se retrouvent, entre autres, Chris Marker, Claude Lanzmann, Francis Lemarque et Claude-Jean Bonnardot. Le gouvernement nord-coréen lui propose de réaliser un film. Il en écrit le scénario et en commence le tournage en collaboration avec Bonnardot qui finira le film et en assurera le montage en France. Ce film, Moranbong, est interdit à sa sortie en 1960 et autorisé en 1964. Sur le chemin du retour, il séjourne en Chine, dans le Sin-Kiang et le Kiang-Si. Il rentre en France en novembre.

 

1959 Il écrit pour Libération – où sa longue absence lui a fait perdre son poste de rédacteur en chef – un reportage : « La Chine contre la montre ». Il suit le Tour de France à moto, interviewe Marlon Brando et écrit en décembre pour Paris-Match, où il est devenu grand reporter, son dernier article comme journaliste : « La France pleure Gérard Philipe ».

Avec Le Poisson noir, que le Seuil a édité l’année précédente, il obtient le prix Fénéon de littérature. Jean Vilar monte Le Crapaud-Buffle au Théâtre Récamier, Petit TNP. Malgré l’échec auprès de la critique, Jean Vilar l’incite à persévérer. Désormais, il se doit, lui dit-il, à un public, les onze mille personnes venues assister aux représentations.

Il part en Italie, dans la maison de sa mère, dans le Piémont, où il commence à écrire Auguste G. et l’adaptation du Château de Kafka pour le cinéma, film non réalisé avec Charlie Chaplin pressenti dans le rôle principal.

 

1960 Il réalise en Yougoslavie son premier film, L’Enclos, dont il a écrit le scénario et les dialogues avec Pierre Joffroy.

 

1961 L’Enclos est présenté dans plusieurs festivals où il obtient des prix : à Cannes, celui de la Critique ; à Moscou, celui de la mise en scène – la délégation polonaise, qui critique fortement le contenu du film, l’ayant empêché d’avoir le Grand Prix – et où il rencontre Nazim Hikmet ; à Mannheim, où il reçoit une Mention spéciale hors concours. Le film est accueilli par des critiques dithyrambiques.

 

1962 Trois spectacles sont créés : La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. à Villeurbanne (dirigé par Roger Gilbert et Roger Planchon), dans une mise en scène de Jacques Rosner ; La Deuxième Existence du camp de Tatenberg par Gisèle Tavet au Théâtre des Célestins à Lyon ; Le Voyage du Grand Tchou dans une mise en scène de Roland Monod au TQM de Marseille.

Il réalise à Cuba son second film, El Otro Cristobal, notamment avec des comédiens et le décorateur Hubert Monloup rencontrés sur le spectacle La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G.

 

1963 El Otro Cristobal représente Cuba au Festival de Cannes et y obtient le prix des Écrivains de cinéma et de télévision.

Pour la première fois, il met en scène une de ses pièces : Chroniques d’une planète provisoire, au théâtre du Capitole, à Toulouse.

Jacques Rosner crée au Festival de Berlin La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., et en reprend une version française au Théâtre de l’Odéon, à Paris, l’année suivante.

 

1964 Il met en scène Le Poisson noir au Théâtre Daniel-Sorano, à Toulouse. De retour d’Algérie, il écrit Selma, le scénario d’un film non réalisé sur la guerre d’Algérie.

 

1965 Il rencontre Erwin Piscator avec lequel il s’entretient à la télévision allemande. Sa pièce La Deuxième Existence du camp de Tatenberg est créée à Essen, en RFA. Il travaille à un projet sur Staline, Mort de Staline à travers l’œil d’une mouche, dont les seules traces écrites se trouvent dans le livre-mémoire d’Antoine Bourseiller, publié en 2007.

Il écrit le scénario de L’Affiche rouge, qui lui fait rencontrer de nombreuses organisations d’anciens Résistants de la MOI (Main-d’œuvre immigrée), dont Mélinée Manouchian et Arsène Tchakarian. Le sujet sera traité, dix ans après, avec La Première Lettre, série de six films à L’Isle-d’Abeau.

 

1966 Il crée deux pièces : en janvier, au TNP-Palais de Chaillot, Chant public devant deux chaises électriques et en mai, à Saint-Étienne, Un homme seul.

Le Poisson noir et Chroniques d’une planète provisoire sont montées en Allemagne, La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. en Angleterre et Chroniques d’une planète provisoire en Belgique.

Il écrit avec Pierre Joffroy une nouvelle version de L’Affiche rouge, Le Temps des cerises, qui obtient l’avance sur recettes du CNC, mais le film ne sera pas réalisé.

 

1967 Reprise à Toulouse de Chroniques d’une planète provisoire créé en 1963. À la demande du Collectif intersyndical d’action pour la paix au Vietnam, il écrit un texte sur la guerre du Vietnam : La Nuit des rois de Shakespeare par les comédiens du Grenier de Toulouse face aux événements du Sud-Est asiatique : V comme Vietnam, qu’il met en scène en avril, au théâtre Daniel-Sorano, à Toulouse. Le Groupe V se fonde à l’issue de la tournée de quarante-cinq dates en France, Belgique et Suisse.

À la demande du réalisateur Marcel Bluwal, pour l’ORTF dirigé par Emile Biasini, il écrit le scénario d’une série de trois émissions d’une heure sur la Commune de Paris, en vue de son centenaire. Les événements de Mai 68 mettront fin au projet.

La Passion du général Franco est créée à Kassel et Tatenberg II à Bradford, en Angleterre.

Inspiré par l’histoire de l’ingénieur Tsutomu Yamaguchi, un des rares hommes à avoir subi les deux explosions atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, il écrit La Cigogne et offre le texte à Jean Hurstel qui le mettra en scène au printemps suivant au Théâtre universitaire de Strasbourg.

 

1968 À la demande de Guy Rétoré, Emile Copfermann, écrivain, critique théâtral et directeur de collection aux éditions Maspero, réunit des habitants du 20e arrondissement de Paris, afin que Gatti écrive, grâce à leurs témoignages et à travers leur imagination, une pièce sur les  transformations urbaines du quartier. Ainsi naîtra Les Treize Soleils de la rue Saint-Blaise, mis en scène par Guy Rétoré au Théâtre de l’Est parisien. Dès le 11 mai, les représentations, qui trouvent de nombreux échos dans la rue, sont arrêtées, malgré le souhait d’Armand Gatti d’organiser des débats dans le théâtre. Il participe à plusieurs manifestations. Au cours de l’une d’elles, il se fait briser les mains en protégeant sa tête. Contraint à l’immobilité, il dicte le texte d’un spectacle de rue sur la Commune, représenté à travers Paris par son équipe.

La Naissance est créée par Roland Monod à la Biennale de Venise et V comme Vietnam montée en Allemagne (RFA et RDA).

La Passion du général Franco est retirée de l’affiche le 19 décembre, pendant les répétitions, sur ordre du gouvernement français, à la demande du gouvernement espagnol.
Un comité de soutien regroupant un très grand nombre de personnalités du monde culturel et artistique se forme. André Malraux, ministre de la Culture, propose des solutions de rechange, mais rien n’aboutit.

 

1969 Devant les difficultés rencontrées pour créer La Passion, il quitte la France et s’installe à Berlin-Ouest, invité à la fois par le Sénat et l’université où il a de nombreux amis. Il travaille auparavant à Stuttgart – où il retrouve son vieil ami Hans Christian Blech, interprète de L’Enclos et qui va jouer le rôle principal dans son troisième film, Ubergang über den Ebro (Le Passage de l’Èbre), produit par la télévision ZDF – puis à Kassel où il réécrit La Naissance, qu’il met en scène au Staatstheater.

Il est beaucoup joué : V comme Vietnam à Berlin, Un homme seul à Celle.

Avant de quitter la France, il a écrit L’Interdiction ou Petite histoire de l’interdiction d’une pièce qui devait être représentée en violet, jaune et rouge, dans un théâtre national, dont Jean-Marie Lancelot s’empare pour le présenter avec des comédiens rescapés de l’aventure du TNP au théâtre de la Cité universitaire, puis en tournée en RFA et en France.

Le groupe V, dont ce sera les dernières activités, produit La Journée d’une infirmière, qui tourne en France. Elle est aussi montée par Pierre Chaussat et par Viviane Théophilidès au Théâtre populaire des Pyrénées.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. est jouée au Piccolo Teatro de Milan, dirigé par Paolo Grassi qui invite à la première la mère d’Armand Gatti, l’épouse d’Auguste.

 

1970 Il travaille comme OS à Berlin pendant plusieurs mois, aux usines Osram. Les pièces du Petit manuel de guérilla urbaine, écrites l’année précédente, sont jouées de nombreuses fois en Allemagne, à Hanovre et Bremerhaven. Dominique Lurcel monte Les Hauts Plateaux à la Maison des jeunes et de la culture de Fresnes. En juin, Le Chat sauvage, nouvelle version d’Interdit aux plus de trente ans, texte dit collectif, est créé par Jean-Marie Lancelot.

 

1971 Rosa Collective est créée par Kai Braak, Günter Fischer et Ulrich Brecht, à Kassel et La Cigogne par Pierre Debauche à Nanterre. Lucien Attoun, apprenant qu’Armand Gatti vient d’écrire un texte sur Rosa Luxembourg, l’invite à en faire une lecture au XXVe festival d’Avignon, dans le lieu qu’il vient d’ouvrir, la chapelle des Pénitents blancs.

 

1972-73 Invité par l’Université libre de Berlin, il y fait des conférences, en janvier et février 1972, sur le théâtre de rue (en URSS, Allemagne, Chine, USA, Vietnam, etc.) et sur sa propre expérience.

Henry Ingberg et Armand Delcampe, directeurs de l’Institut des arts de diffusion (IAD) de Louvain, l’invitent à travailler avec leurs étudiants. C’est ainsi que vont naître : La Colonne Durruti ou Les Parapluies de la Colonne IAD (usine Rasquinet, quartier de Schaerbeek, à Bruxelles) et L’Arche d’Adelin (dans le Brabant wallon), travaux collectifs avec les étudiants, qu’il écrit et met en scène.

 

1974 Il rentre en France. Il finit d’écrire Quatre schizophrénies à la recherche d’un pays dont l’existence est contestée. Vu le succès de la lecture de Rosa Collective, Lucien Attoun l’invite au XXVIIIe  festival d’Avignon, à la chapelle des Pénitents blancs, pour une nouvelle expérience : une mise en espace de son texte sur la colonne Durutti. Un stage, regroupant jeunes comédiens et élèves de l’IAD, s’organise en mai et juin, en Normandie. Cela donne La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ?

Il travaille avec Marc Kravetz à un nouveau scénario sur une histoire de Mai 68 : Les Katangais, jeunes banlieusards engagés par les étudiants pour faire le service d’ordre de la Sorbonne.

 

1975 Devant le succès des représentations de La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ?, le ministre de la Culture, Michel Guy, lui demande de lui proposer un projet. C’est ainsi que naît l’Institut de recherche des mass-média et des arts de diffusion. Cette structure, préfigurée par les expériences menées en Belgique, est présentée dans trois notes remises au cabinet du ministre.

Son retour en France correspond aussi à l’invitation de Jean Hurstel, directeur du Centre d’action culturelle de Montbéliard, qui lui commande « une pièce sur le monde ouvrier ». Ce projet se transforme en une vaste saga vidéo, Le Lion, sa cage et ses ailes, six films racontant une ville à travers son émigration. Pour produire cette série vidéo avec l’INA, il crée la société Les Voyelles avec Hélène Châtelain, Stéphane Gatti et Jean-Jacques Hocquard.

Avant de quitter l’Allemagne, il crée un dernier spectacle au Forum Theater sur les femmes résistantes allemandes : La Moitié du ciel et nous en hommage à Ulrich Meinhof. 

Le festival d’Automne, dirigé par Alain Crombecque, lui propose de venir créer un spectacle. Il choisit de s’installer dans un CES à Ris-Orangis et de travailler à la fois avec des comédiens, les jeunes du CES et deux journalistes, Pierre Joffroy et Marc Kravetz, coauteurs et interprètes de l’une des pièces issues de l’expérience, Le Joint.

 

1976-77 Le théâtre Le Palace, dirigé par Pierre Laville, produit la nouvelle version de La Passion du général Franco par les émigrés eux-mêmes. Ne voulant pas s’installer dans un théâtre classique, il crée le spectacle dans les entrepôts Calberson. Parmi les spectateurs, Gilles Durupt et Gabriel Cohn-Bendit, responsables de la Maison des jeunes et de l’éducation permanente (MJEP) de Saint-Nazaire, veulent faire venir le spectacle dans leur ville.

De cette invitation, c’est un tout autre projet qui naît : Le Canard sauvage qui vole contre le vent, création collective autour de la dissidence soviétique. Viendront dans la ville ouvrière de nombreux invités : André Glucksmann, Franco Bassaglia, Robert Castel, Félix Guattari, Claude Lefort et plusieurs dissidents, dont Leonid Pliouchtch et son épouse Tatania Jitnikova, Victor Nekrassov, Vadim Delauney, Natalia Gorbanevskaïa, le syndicaliste Victor Feinberg et celui pour qui cette action a été imaginée, Vladimir Boukovsky. L’expérience commence en septembre 1976 et le travail sera présenté sous chapiteau au milieu d’une exposition en février 1977. Parmi les participants, les frères Dardenne, ses anciens élèves à l’IAD, et le jeune écrivain Michel Séonnet, dont les chroniques de l’événement seront publiées dans un livre… trente ans après. 

 

1977 En début d’année, est projeté à Montbéliard, Le Lion, sa cage et ses ailes en présence des communautés avec lesquelles ce film a été tourné.

Faisant suite au travail de Saint-Nazaire, il écrit Le Cheval qui se suicide par le feu, que Lucien Attoun invite au XXXIe Festival d’Avignon, à la chapelle des Cordeliers. Ce spectacle est conçu comme une série de lectures et de séances de travail publiques, en présence de témoins : Alexandre Galitch, Tania et Leonid Pliouchtch.

Il est invité en Irlande, par l’University College de Dublin, à une représentation de La Cigogne traduite et mise en scène par Joseph B. Long.

 

1978 Invité une nouvelle fois par Joseph B. Long, il fait une tournée de conférences en Irlande et en Grande-Bretagne. Il rencontre alors Paddy Doherty, directeur du workshop de Derry (Ulster).

En octobre, la Tribu – nom qu’il donne aux personnes qui travaillent avec lui – s’installe dans la ville nouvelle de L’Isle-d’Abeau (entre Lyon et Grenoble) avec pour projet de « donner quelques instants de plus à vivre, à travers votre imaginaire » à Roger Rouxel, l’un des vingt-trois fusillés du groupe Manouchian au mont Valérien. Cette création débouche sur la réalisation de six films vidéo  sous le titre La Première Lettre.

 

1979 Joseph B. Long donne deux représentations de La Deuxième Existence du camp de Tatenberg à Canterbury et Belfast, auxquelles il assiste. Il retourne en Ulster pour imaginer un projet de film et d’écriture avec le workshop de Paddy Doherty à Derry.

En août, il s’installe pour un an, avec une bourse d’écriture du ministère de la Culture, dans le Piémont, dans la maison héritée de sa mère décédée l’année précédente, à Pianceretto. La Première Lettre est diffusée sur FR3, et Libération publie alors un très long entretien, sur six numéros, avec Marc Kravetz (édité en 1985 sous le titre L’Aventure de la Parole errante).

 

1980 Huit versions de La Parole errante sont écrites. Les sept premières sont brûlées, la huitième restera à l’état de manuscrit jusque dans les années 1990. Il s’agit de la confrontation de « tous les Gatti ayant existé » avec l’Histoire, l’Utopie et l’Ecriture.

 

1981 Installation en Irlande du Nord (Derry) dès janvier, pour préparer le tournage d’un film. Commencé le jour de la mort du premier volontaire des grèves de la faim, Bobby Sands, le 5 mai, il se terminera le jour de la mort du dernier, Micky Devine, le 20 août. Nous étions tous des noms d’arbres est coproduit par la télévision belge, une société irlandaise spécialement créée par la communauté des habitants de Derry et la société de production des frères Dardenne.

 

1982 Le ministère de la Culture lui propose de s’installer à Toulouse pour y créer l’Atelier de création populaire. Appelé l’Archéoptéryx, cet atelier est inauguré, après travaux, dans un ancien restaurant universitaire.

Nous étions tous des noms d’arbres obtient le prix Jean-Delmas au Festival de Cannes et l’attribution du meilleur film de l’année au festival de Londres l’année suivante.

Le ministère des Relations extérieures l’invite à se rendre au Canada (Québec, Montréal, Winnipeg, Toronto, Ottawa), puis à Chicago où il recherche les traces du passage de son père.

Le Labyrinthe, pièce écrite en Irlande, est créée en mai, à Gênes, puis au Festival d’Avignon. Y sont invités, les familles des grévistes de Long Kesh et Paddy Doherty. Les personnages de l’histoire réelle sont confrontés à la pièce.

 

1983 Il commence l’écriture d’un nouveau scénario qu’il voudrait tourner à Toulouse, La Licorne, qui devient une pièce de théâtre : Opéra avec titre long.  

L’Archéoptéryx programme un « Cycle des poètes assassinés » inauguré avec Bobby Sands et des poètes irlandais, dont la mise en scène de La Nuit de Cuchulain et du Seuil du royaume de W. E. Yeats. Suivent, Jacques Stephen Alexis, avec l’adaptation et la mise en scène de son texte La Sauterelle bleue, et Otto‑René Castillo : il crée, sous le nom de Blas Tojonabales, Retour à la douleur de tous ou la route de Zacapas et, sous le nom de Genitivo Rancun, La Crucifixion métisse. De mai à décembre, tous les mercredis et samedis après‑midis, ouverture de Radio Astrolabe sur les ondes de Canal Sud. Un journal est créé, L’Archéoptéryx et son œuf géant, dans lequel il publie un poème éditorial, Occitanie. Viennent pour des conférences et débats : Rafael Alberti, Jean‑Pierre Changeux, Serge July, la Fédération anarchiste, Michel Auvray, Jean Delumeau, Michel Vovelle, Philippe Ariès, Jean‑Paul Aron.

Accueil de Manuel José Arcé, poète guatémaltèque, jusqu’à sa disparition en 1985.

 

1984 L’atelier consacre son année à l’URSS sous le titre : «1905-Russie/1917/URSS-1935 » : exposition La Victoire sur le soleil : Khlebnikov/Malevitch, rétrospective du cinéma muet soviétique des années 1920-1930 avec la Cinémathèque de Toulouse, diverses créations dont La Révolte des objets de Maïakovski, dans laquelle il joue le rôle de l’auteur.

Premier stage avec le Collectif de recherche sur l’animation, la formation et l’insertion (Crafi) autour de Nestor Makhno : L’Émission de Pierre Meynard.

Accueil de Michel Serres, Jean-Michel Palmier, Michel Lépine et Alain Robbe-Grillet.

Le ministère des Affaires étrangères lui commande une présentation de l’ensemble de son œuvre audiovisuelle : Le Poème cinématographique et ses pronoms personnels dont le titre pourrait être l’Internationale.  

Il est  invité à lire Opéra avec titre long au Palais de Chaillot par Antoine Vitez (qui aurait voulu créer la pièce à la Comédie-Française). Voyageant en Autriche sur invitation du Centre culturel français de Vienne, il assiste à la générale de La Deuxième existence de Tatenberg à l’Akademie Theater. 

 

1985 L’Archéoptéryx organise un mois sur la Résistance allemande, en collaboration avec le Goethe Institut et la librairie Ombres blanches.

Avec le deuxième stage du Crafi, il crée Le Dernier Maquis, représenté au Centre Georges-Pompidou, à l’invitation de Gabriel Garran, pour la première manifestation du Théâtre international de langue française (TILF), où il rencontre le poète québécois Garneau.

En août, fin de l’expérience à Toulouse.

 

1986 Naissance à Montreuil, à l’invitation du Centre d’action culturelle dirigé par Francis Gendron, de La Parole errante dont il est le directeur artistique et Jean-Jacques Hocquard le directeur administratif.

Invité par l’École nationale de théâtre de Montréal, il monte au théâtre du Monument national Opéra avec titre long, qu’il présente à cette époque comme « son testament ». 

Réinvité par le Centre culturel français à Vienne, il anime un stage sur Ulrike Meinhof, présenté au Dramatisches Zentrum.

 

1987 À Montreuil, Les Arches de Noé, pièce créée par Hélène Châtelain lors du troisième stage du Crafi, est présentée au théâtre Berthelot dans le cadre de l’exposition 50 ans de théâtre vus par les 3 chats d’Armand Gatti. Des témoins de sa vie et de son œuvre en sont, pendant un mois, les guides : Robert Abirached, Lucien Attoun, Raymond Bellour, Alain Crombecque, Armand Delcampe, Bernard Dort, Gabriel Garran, Jean Hurstel, Pierre Joffroy, Marc Kravetz, Dorothy Knowles, Jean-Pierre Léonardini, Heinz Neumann-Riegner, Jack Ralite, Madeleine Rebérioux, Jacques Rosner, Max Schoendorff, Viviane Théophilides, Pierre Vial, André Wilms, Michel Simonot, Evelyne Didi, etc. L’exposition est invitée au XLIIIe Festival d’Avignon. 

Invité par  l’université de Québec à Montréal (UQM), il y crée Le Passage des oiseaux dans le ciel, adaptée du Poème cinématographique et jouée dans les locaux universitaires.

Pour une exposition à Turin, il écrit sur sa mère Ton nom était joie, poème édité par La Parole errante. 

 

1988 Le ministre de la Culture, Jack Lang, lui remet le Grand Prix national du théâtre. 

Invité à l’université de Rochester (État de New York), il y adapte Les Sept Possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz au contexte social américain.

De retour  à Toulouse, il travaille sur la Révolution française et crée avec le quatrième stage du Crafi Nous, Révolution aux bras nus.

Il écrit la suite de Letizia  : L’Homme qui volait avec des plumes de coq, sur son père. Ton nom était joie, scénario-poème filmé par Stéphane Gatti, obtient le prix Télérama du Festival de Montbéliard en septembre.

 

1989 Il célèbre le bicentenaire de la Révolution française en créant Les Combats du jour et de la nuit à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis avec douze détenus.  

Un colloque international « Salut Armand Gatti » est organisé par l’université de Paris 8 par Michelle Kokosowski et Philippe Tancelin. Il reçoit à Asti le prix Alfieri, récompensant « un grand poète français d’origine italienne ».

Jack Lang, ministre de la Culture, lui confie la mission de mettre sur pied un lieu où des auteurs de langue française pourront « confronter leur écriture avec des groupes aussi diversifiés que des jeunes éloignés de toute culture classique et certains professionnels du théâtre ». 

Répondant à une commande de René Gonzales, directeur de la Maison de la culture de Bobigny, et de Robert Abirached et à la demande de Michelle Kokosowski, il écrit Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz qu’il lit à la Maison de la culture de Bobigny.

 

1990 Il s’installe à Marseille à l’invitation de Dominique Wallon, directeur des Affaires culturelles de la Ville. Traitant de la montée du fascisme et en souvenir de l’environnement de son enfance, il écrit sur Mussolini Le Cinécadre de l’esplanade Loreto reconstitué à Marseille pour la grande parade des pays de l’Est. Le spectacle est joué par un nouveau groupe de jeunes en stage de réinsertion.  


1991 Alain Crombecque, voulant développer le Festival d’Avignon dans sa banlieue, fait appel à lui pour imaginer un travail avec des jeunes de la « périphérie ». C’est ainsi que naît Ces empereurs aux ombrelles trouées.

 

1993 À l’initiative de Philippe Foulquier, directeur de la Friche de la Belle de Mai et avec le soutien très actif de l’adjoint à la Culture, le poète Julien Blaine,  Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz, parcours théâtral en sept lieux de Seine-Saint-Denis, est repris à Marseille. Il y devient Marseille Adam quoi ?, avec quatre-vingts jeunes. Le spectacle est présenté durant deux jours, dans dix lieux de la ville.

Invité en Egypte, il fait le voyage avec Michel Séonnet. Il y est nommé Chevalier du théâtre par le ministère de la Culture.

 

1994-95 Il reçoit la médaille de vermeil Picasso, attribuée par l’Unesco pour sa contribution exceptionnelle au développement du théâtre de notre temps.

Une fois encore, Jean Hurstel l’invite sur ses terres. Avec quatre-vingts stagiaires, il va créer à Strasbourg Kepler, le langage nécessaire, annoncé comme un work in progress sous le titre révélateur de  son état d’esprit : Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité. F. Nietzsche. Cette expérience sera très fructueuse en rencontres avec des scientifiques : Agnès Acker, Francis Bailly, Jean-Marie Bron, Guy Chouraqui, Baudoin Jurdant et Élisabeth Stengers. C’est le début de la saga de La Traversée des langages, marquée par sa découverte de la théorie quantique et de Jean Cavaillès.

 

1996-97 L’Enfant-Rat est créé à Limoges, au Festival des francophonies. Il crée L’Inconnu n° 5 du fossé des fusillés du Pentagone d’Arras à Sarcelles.

La Parole errante s’installe dans la Maison de l’Arbre, à Montreuil, sur l’emplacement des studios où Méliès inventa le cinéma de fiction, lieu que lui a attribué le conseil général de la Seine-Saint-Denis.

 

1998-99 Premier voyage en langue maya, expérience avec vingt-cinq jeunes de la Seine-Saint-Denis à La Maison de l’Arbre, est suivie, à Genève, de la création de Deuxième voyage en langue maya avec surréalistes à bord et des Incertitudes de Werner Heisenberg…

Nommé chevalier de la Légion d’honneur, la décoration lui est remise par Dominique Wallon, directeur de la Musique, du Théâtre et des Spectacles au ministère de la Culture.

 

2000 Au Théâtre universitaire de Besançon, animé par Lucile Garbagnati, il participe au colloque « Temps scientifique et Temps théâtral » où il lit Incertitudes de la mécanique quantique devenant chant des oiseaux du Graal pour l’entrée des groupes de Galois dans le langage dramatique. 

 

2001 À la Maison de l’Arbre, exposition-réponse à la question « Avec quels mots, avec quelles images inventer un lieu culturel ? »

Chant public pour deux chaises électriques est créé par Gino Zampieri à Los Angeles.

 

2002 Il lit Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide au Théâtre universitaire de Besançon.

 

2003 Les Sept Possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz est créé par Eric Salama à Genève, Incertitudes de la mécanique quantique… par Nicolas Ramond à Besançon et Le Couteau-toast d’Évariste Galois avec lequel Dedekind fait exister la droite en mathématiques… par lui-même au Théâtre universitaire de Franche-Comté, dans le cadre d’un stage réunissant des étudiants de quinze nationalités, au gymnase Fontaine-Écu, à Besançon.

 

2004-05 Il est fait commandeur des Arts et Lettres et reçoit le prix du Théâtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

 

2006 Il crée Les Oscillations de Pythagore en quête du masque de Dionysos à l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, avec des étudiants français et étrangers. Il lit le poème Les Cinq Noms de Résistance de Georges Guingouin dans la forêt de la Berbeyrolle, sur le plateau de Mille-Vaches, en Corrèze.

 

2007 Première rétrospective complète de ses films au Magic Cinéma de Bobigny et lecture du Passage des oiseaux dans le ciel par la Comédie-Française, retransmise en direct sur France Culture.

À l’occasion d’une soirée poétique sur son œuvre à l’église Saint-Bernard (Paris 18e), la grande médaille de vermeil de la Ville de Paris lui est remise.

 

2008 Dans le cadre d’une exposition « Mai 1968-mai 2008 », lectures et mises en scène de quatre pièces du Petit manuel de guérilla urbaine au Nouveau théâtre de Montreuil. L’exposition Comme un papier tue-mouches dans une maison de vacances fermée sur Mai 68 se tient à la Maison de l’Arbre. Au vernissage, il lit le poème Révolution culturelle, nous voilà !, l’une des préfaces de La Traversée des langages. À la clôture de l’exposition, Pierre Vial, sociétaire de la Comédie-Française, lit Un homme seul.

 

2009 Il lit le poème Les Arbres de Ville-Évrard lorsqu’ils deviennent passage des cigognes dans le ciel à l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard.

Première résidence « Refuges des résistances » dans le Limousin. Il lit Mon théâtre ? Un théâtre quantique ? au Centre d’art contemporain à Meymac et Révolution culturelle, nous voilà ! à la Maison de la Poésie, à Paris.

Le Joint est mis en scène par Eric Salama, à la Maison de l’Arbre.

2010 À la Maison de l’arbre, dans le cadre de l’exposition 1954, 1965, 1968, 2006 - Amérique latine, miroir de nos engagements dans le temps, représentations de La Naissance, mise en scène de Mohamed Melhaa, et du Quetzal, mise en scène d’Eric Salama.

À l’issue de la deuxième résidence dans le Limousin, il crée Science et Résistance battant des ailes pour donner aux femmes en noir de Tarnac un destin d’oiseau des altitudes avec trente étudiants français et étrangers, au gymnase du lycée forestier de Neuvic.

 

2011 À la Cinémathèque française, à Paris, rétrospective et débats autour d’« Armand Gatti cinéaste, L’Œuvre indispensable ».

 

2012 À la Maison de l’Arbre, une exposition de Stéphane Gatti Hypothèses de travail pour entrer dans La Traversée des langages d’Armand Gatti, est associée à des rencontres, des projections et des représentations de Rosa Collective, mise en scène par Armand Gatti et de La Cigogne par Matthieu Aubert.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. est mis en scène par Emmanuel Deleage à Los Angeles. La nouvelle promotion de L’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT) à Lyon porte son nom.

Il lit Les Pigeons de la grande guerre après la projection du film Il tuo nom era Letizia au Théâtre de la Girandole, à Montreuil, avec la participation de la chorale de Pianceretto, le village de sa mère.

 

2013 Il lit Révolution culturelle, nous voilà ! à la Comédie de Saint-Etienne et Limoges, et le poème Mort-Ouvrier à Carcassonne. Il lit Le ?, un tableau de Bernard Saby à la galerie Aliceday de Bruxelles et à la Maison de l’Arbre, dans le cadre de l’exposition Bernard Saby Variations réalisée par Stéphane Gatti.

Prix du Théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

 

2014 Pour ses quatre-vingt-dix ans, en janvier-février à la Maison de l’Arbre, reprise de Ces empereurs aux ombrelles trouées, qu’il met en scène avec Matthieu Aubert, et de Berlin, les personnages de théâtre meurent dans la rue, par Jean-Marc Luneau.

En mars, France Culture rediffuse Berlin, les personnages de théâtre meurent dans la rue et Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide. 

 Juillet : Création de Résistance selon les mots, texte et mise en scène d'Armand Gatti avec avec les étudiants de la 74e promotion de l’ENSATT, l'Ecole de la comédie de Saint-Etienne, l'Université de Lyon.  Représentation le 29 juillet à l'ENSATT (studio Lerrant), Lyon, à l'occasion du Festival "Les Nuits de Fourvière".

 

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Biographie d'Armand Gatti par Marc Kravetz

GATTI Dante, Sauveur,
né le 26 janvier 1924 à la maternité de l'hôpital de Monaco, fils d'Auguste Rainier, balayeur, et de Letizia Luzona, femme de ménage.

Bon élève (dissipé) du petit séminaire ; résistant, condamné à mort (gracié en raison de son âge) ; déporté (évadé) ; parachutiste (médaillé) ; journaliste (couronné du Prix Albert Londres) au Parisien Libéré puis à Paris-Match, France Observateur, L'Express (ancienne formule) et Libération (l'autre, celui de la Résistance) ; cinéaste (consacré dès son premier film - L'enclos -, ignoré dès le second - L'autre Cristobal -, exilé pour le troisième - Le passage de l'Ébre -, interdit de caméra pour beaucoup d'autres - une dizaine) ; écrivain-dramaturge-metteur en scène (célèbre et célébré : La vie imaginaire de l'éboueur Auguste G., Chant public devant deux chaises électriques, V comme Vietnam, Les treize soleils de la rue Saint-Blaise, Le cheval qui se suicide par le feu, plus un nombre considérable de pièces, le tout joué un peu partout sur la planète et quelques rares fois en France) ; voyageur (Sibérie, Chine, Corée, Japon, Guatemala, Nicaragua, Costa-Rica, Allemagne, Irlande) - ici on s'en tient aux déplacements qui ont donné lieu ensuite à des reportages, livres, pièces de théâtre ou films ; écrivain public itinérant et vidéographe (en compagnie de la Tribu, du Brabant-Wallon à Montbéliard, de Ris-Orangis à l'Isle d'Abeau avec crochet par Saint-Nazaire prolongé d'une pointe en Avignon et Marseille avant un rebond à Strasbourg.

Signe particulier : refuse de s'enfermer dans sa fiche de police. Plus difficile de raconter Gatti que de peindre l'oiseau de Prévert.

Armand Gatti (il était Dante, le journalisme l'a voulu Armand, Armand il est aussi) ne récuse pas la chronologie. Il l'ignore. Diachronie et synchronie sont pourtant des coordonnées bien commodes. Elles ne sont pour Gatti que de pauvres possibles. Incapables en tout cas d'enfermer ses rendez-vous galactiques. Il Leur préfère les diastoles et les systoles, le mouvement vrai de la vie et du monde.

L'histoire commence dans un trou, celui, glacé, d'un maquis de la forêt de la Berbeyrolle (Corrèze) pendant l'hiver de 1942, par un dialogue solitaire entre le jeune partisan sans armes et le Dieu des infinis.

L'histoire commence dans un camp de concentration, matricule 17173 à
Lindemann et sur les chemins de l'évasion parcourus à pied par un jeune homme qui, sans le savoir, avait retrouvé l'itinéraire d'Hölderlin.

L'histoire commence au Guatemala avec l'Indien Felipe parlant à l'aube de son massacre une langue inconnue où les mots ne sont plus les étiquettes des choses.

L'histoire n'en finit pas de commencer.

L'histoire commence bien avant avec Auguste le balayeur, l'anarchiste rescapé des tueurs Pinkerton, le père qui, dans les mots du fils qu'il ne lira jamais, retrouvera les histoires dont il l'a enivré.

L'histoire n'en finit pas de commencer puisque chaque mot pour écrire est une nouvelle naissance et que dans l'espace utopique de l'écriture, le communard Eugène Varlin peut rencontrer l'anarchiste Durruti, que le communiste Gramsci devient le frère de Felipe l'Indien, que Rosa Luxemburg apprivoise les oiseaux auxquels parlait François d'Assise.

Au commencement, le mot, le verbe, la seule arme qui ne désigne pas le pouvoir au bout du canon, la seule qui vaille qu'on vive : Gatti poète.
Pour le fils de l'immigré, le langage est d'abord un combat. Et pas seulement avec l'ange. Quand les manuels des temps futurs retiendront que la langue de Gatti est l'une des plus belles de ce qui s'appellera alors la littérature française contemporaine, ce ne sera que triste justice.
Mais comment dire ce qu'est la recherche du mot juste ?
Le combat pour le mot juste, le mot du combat des justes.
Ce mot qui ne se laisse jamais enfermer ou bien il meurt, petit fétiche imprimé des proclamations dérisoires.

Le mot juste, c'est-à-dire le mot unique, au moment juste, comme celui qu'échangent les condamnés à mort dans une cellule de la prison de Tulle alors que tout va être dit :
"Le matin s'est levé sur ce moment juste, racontera Gatti bien plus tard,... Peut-être allions-nous mourir dans quelques heures ? Mais si l'aventure devait s'arrêter là, ma vie était remplie. J'avais fait les rencontres essentielles. J'avais vécu ce qu'il y avait de vraiment important dans la vie. Plus tard je me suis aperçu que la vie était faite de ce type de rencontre. Le reste, ce n'est que du temps qui s'écoule."
On ne triche pas avec le temps. Ce n'est pas une raison pour se soumettre à ses lois.

C'est pourquoi tout ce qu'il faut bien désormais appeler l'oeuvre d'Armand Gatti, cette vie qui n'a pas été fauchée dans une prison allemande, est faite de rendez-vous dans les espaces-temps de tous ceux que la mort physique a pour toujours privés de la parole.

De Gatti, Henri Michaux disait à leur première rencontre : "Depuis vingt ans parachutiste, mais d'où diable tombait-il ?". La question reste aujourd'hui ouverte.
De quel Enclos, de quelle planète provisoire, de quelle cage aux fauves ce messager de l'éternel présent continue-t-il d'émettre cette lumière singulière ?

Journaliste, cinéaste, dramaturge, écrivain, poète, Gatti ne cesse de se débarrasser de ses identités comme d'autant de peaux mortes.

Peut-être le retrouverez-vous un jour à Pékin sur le Pont du Ciel, là où les conteurs se succèdent pour raconter, croit-on, la même histoire, en vérité la même histoire mais toujours différente car chacun en porte la version vraie dont il est le témoin unique.

Gatti ou la quête de la parole errante.
Ni un voyage, ni un itinéraire, ou alors celui du Grand Tchou ou de l'Homme Seul, sans fin ni terme, tout juste des étapes : Barcelone insurgée, le maquis guatémaltèque, un égout de Berlin, une piste vietnamienne, la steppe ukrainienne, la grande poste de Dublin, les docks de Marseille ou les banlieues d'Avignon, de Strasbourg et de la Seine-Saint-Denis.

Là où l'homme est plus grand que l'homme, où il prend enfin la mesure de sa démesure.


Marc Kravetz

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Théâtre

1959

Le 24 octobre, au TNP, théâtre Récamier, Jean Vilar monte Le Crapaud-buffle, décors et costumes de Le Marquet et interprété, dans les principaux rôles, par J.M. Amato, Palau, Jean Négroni, Pierre Santini.

1962

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., jouée le 16 février, par la compagnie du Théâtre de la Cité à Villeurbanne (direction : Roger Gilbert et Roger Planchon). Mise en scène : Jacques Rosner. Décors et costumes : René Allio. Musique : Claude Lochy. Principaux interprètes : Jean Bouise, André Bénichou, Isabelle Sadoyan, René Meyrand, Martin Barbaz. Reprise en mai 1964 au Théâtre de l’Odéon à Paris.

La Deuxième Existence du camp de Tatenberg, le 13 avril au Théâtre des Célestins à Lyon. Mise en scène : Gisèle Tavet. Décor : Hubert Monloup. Principaux interprètes : Franceline Spielmann, Lucienne Blanc-Bernard (Luce Mélite), Jean Aster, Lucien Marest. Nouvelle mise en scène le 22 février 1968 par Jean Hurstel, directeur du Théâtre universitaire de Strasbourg.

Le Voyage du Grand Tchou, le 6 octobre au T.Q.M. de Marseille dirigé par Michel Fontaine. Mise en scène : Roland Monod. Décors et costumes : Claude Engelbach. Principaux interprètes : Pierre Vial, Hélène Aligier, Roland Monod.

1963

Chroniques d’une planète provisoire, le 3 octobre, au Théâtre du Capitole à Toulouse. Mise en scène d’Armand Gatti (sa première mise en scène), assisté de Maurice Sarrazin. Décor : Hubert Monloup. Production : Grenier de Toulouse.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. Festival de Berlin (Schaubühne am Halleschen Ufer). Mise en scène : Jacques Rosner. Décor : Hubert Monloup. Reprise au théâtre de l’Odéon à Paris.

1964

Le Poisson noir, le 30 octobre au théâtre Daniel Sorano à Toulouse. Mise en scène : Armand Gatti. Décor et costumes : Hubert Monloup. Production : Grenier de Toulouse.

1965

La Passion du général Franco, première lecture publique au théâtre de Plaisance à Paris.

Die zweite Existenz des Lagers Tatenberg (La Deuxième Existence du camp de Tatenberg), le 9 janvier au Bühnen der Stadt Essen. Mise en scène : Joachim Fontheim, décors : Hans Aeberli.

1966

Notre tranchée de chaque jour, première lecture publique en janvier à la maison de la Culture de Caen.

Chant public devant deux chaises électriques, le 17 janvier au théâtre du Palais de Chaillot. Mise en scène : Armand Gatti. Dispositif scénique et costumes : Hubert Monloup. Musique : William Bukovi. Production : TNP (direction : Georges Wilson). Principaux interprètes des soixante-neuf personnages : Hélène Chatelain, Hélène Aligier, Daniel Dubois, Jacques Gripel, Marc Dudicourt, Roland Monod, Pia Colombo, Pierre Santini, Édith Zetline, André Bénichou, Jacques Debary, Pierre Meyrand, Boudjemaa Bouada, Théo Légitimus, Ivan Labéjof.

Der schwarze Fisch (Le Poisson noir), le 25 mars au Städtische Bühnen à Francfort-sur-le Main. Mise en scène d’Harry Buckwitz.


Un Homme seul, le 11 mai à la salle des Mutilés du travail de Saint-Étienne. Mise en scène : Armand Gatti. Décor : Hubert Monloup. Production : Comédie de Saint-Étienne. Principaux interprètes : Pierre Santini, Jean Dasté, Hélène Chatelain, Pierre Meyrand, Bernard Gauthier, Michel Dubois, Dominique Quéhec, Roland Monod, Hélène Aligier.

Berichte von einem provisorischen Planeten, (Chroniques d’une planète provisoire), le 20 février au Ulm Theater, RFA. Mise en scène : Ulrich Brecht.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., The Art Theater, université de Liverpool. Mise en scène : Dorothy Knowles

Chroniques d’une planète provisoire, au Théâtre de l’université libre de Belgique à Bruxelles. Mise en scène : Henry Ingberg.

1967

Chroniques d’une planète provisoire, le 15 février au théâtre Daniel Sorano, Toulouse. Mise en scène : Armand Gatti. Décor : Hubert Monloup. Production : Grenier de Toulouse.

General Franco Leidenswege (La Passion en violet, jaune et rouge), le 5 novembre au Staatstheater de Kassel, RFA. Mise en scène : Kai Braak. Décors : Raffaeli.

La Nuit des Rois de Shakespeare par les comédiens de Toulouse face aux événements du Sud-Est asiatique : V comme Vietnam, le 4 avril au théâtre Daniel Sorano, Toulouse. Mise en scène : Armand Gatti. Décors : Hubert Monloup. Production : Grenier de Toulouse et Collectif intersyndical d’action pour la paix au Vietnam. Principaux interprètes : Maurice Sarrazin, Jean Bousquet, Alain Rais, Hélène Chatelain, André Wilms. Joué trois mois en France sous le titre : V comme Vietnam.

Tatenberg II, Liverpool. Mise en scène de Kevin Robinson.

1968

Les Treize Soleils de la rue Saint-Blaise, le 15 mars au Théâtre de l’Est parisien. Mise en scène : Guy Rétoré. Décors et costumes : Hubert Monloup. Production : TEP. Interprètes : Arlette Téphany, Annick Michaud, Édith Zetline, Jean-Marie Lancelot, Yvan Labéjof...

La Cigogne, le 27 mars à l’université de Strasbourg. Mise en scène : Jean Hurstel. Production : TUS, Studio expérimental universitaire de Strasbourg. Interprètes : des étudiants (dont Jean-Pierre Wurtz), Hélène Chatelain et Pierre Chaussat.

La Naissance, le 18 septembre au théâtre de la Fénice, dans le cadre de la Biennale de Venise. Mise en scène : Roland Monod. Décors et costumes : Hubert Monloup. Production : théâtre Romain Rolland, Productions d’Aujourd’hui et Groupe V. La première représentation française aura lieu le 5 octobre au théâtre Romain Rolland de Villejuif, avec James Campbell, Roland Monod, Hélène Aligier, Théo Légitimus, Jacques Gripel, etc.

La Passion du général Franco, sous le titre La Passion en violet, jaune et rouge. Mise en scène : Armand Gatti. Décor : Hubert Monloup. Production : TNP. Retirée de l’affiche le 19 décembre, pendant les répétitions, sur ordre du gouvernement français à la demande du gouvernement espagnol.

V wie Vietnam, en juillet au Schauspielhaus de Leipzig. Mise en scène : Gotthard Müller. Décors : Boris Kubik,

V wie Vietnam, le 19 novembre 1968 à la Schauspielhaus de Wuppertal, RFA. Mise en scène : Günter Ballhausen et Arno Wüstenhöfer,

1969

A la suite de Mai 68, édition en allemagne de Le Petit Manuel de guérilla urbaine, un ensemble de quatre mini-pièces d'intervention publiées en France dans les Œuvres Théâtrales, (Ed. Verdier, 1991): Les Hauts Plateaux ou Cinq Leçons à la recherche du Vietnam pour une lycéenne de Mai – La Machine excavatrice pour entrer dans le plan de défrichement de la colonne d’invasion Che Guevara – Ne pas perdre de temps sur un titre. Que mettre à la place ? Une rose blanche – La Journée d’une infirmière ou Pourquoi les animaux domestiques ? , puis dans la même lignée Interdit aux plus de trente ans.

L’Interdiction ou Petite Histoire de l’interdiction d’une pièce qui devait être représentée en violet, jaune et rouge, dans un théâtre national, le 24 avril au théâtre de la Cité universitaire. Mise en scène : Jean-Marie Lancelot. Autoproduction du Groupe V. Tournée en RFA et en France.

La Journée d’une infirmière. Mise en scène : Hélène Chatelain. Décors : Jean-Baptiste Manessier. Interprétation : Édith Zetline. Production : Groupe V. Tournée en France. Le même spectacle fut monté par Pierre Chaussat avec Franceline Spielmann (autoproduction) et par Viviane Théophilidès (Théâtre Populaire des Pyrénées).

Die Schlacht der sieben Tage und sieben Nächte (Un Homme seul), le 14 septembre 1968 au Schloss Theater de Celle, RFA. Mise en scène de Hannes Razum.

La Vita immaginaria dello spazzino Augusto G., au Piccolo Teatro di Milano. Mise en scène et décors : Virginio Puecher. A la première de ce spectacle, Paolo Grassi, directeur du Piccolo, accueillait la mère d’Armand Gatti, Lætitia, l’épouse d’Auguste G.

V wie Vietnam, le 27 mars au Berliner Volksbühne à Berlin. Mise en scène : Hans-Joachim Martens, Wolfgang Pintzka

Die Geburt (nouvelle version de La Naissance), le 26 juin au Staatstheater de Kassel, RFA. Mise en scène : Armand Gatti. Décors et costumes : Hubert Monloup.

1970

Les Hauts Plateaux ou 5 leçons à la recherche du Vietnam pour une lycéenne de Mai à la maison des jeunes et de la culture de Fresne. Mise en scène : Dominique Lurcel, Comité des Hauts Plateaux.

Le Chat sauvage, nouvelle version d’Interdit aux plus de trente ans, texte dit collectif, juin. Mise en scène : Jean-Marie Lancelot. Autoproduction. Tournée en France.

Das Hochland (Les Hauts Plateaux), le 2 septembre au Studio im Künstlerhaus de Hanovre. Mise en scène : Horst Zankl.

Warum Haustiere ? (La Journée d’une infirmière ou pourquoi les animaux domestiques ?), le 3 septembre au Theater am Sozialamt à Munich. Mise en scène : Anatol Gardner, puis autres mises en scène à Bonn, Vienne.

Maschine, mit der die Arbeit zur Erschliessung neuen Landes durch die Brigade Che Guevara begonnen wird
(La Machine excavatrice pour entrer dans le plan de défrichement de la colonne d’invasion de Che Guevara), le 7 octobre au Theater am Turm, Francfort-sur-le-Main, RFA.
Mise en scène : Michael Gruner.

Bemühen Sie sich nicht, einen Titel zu finden : setzen Sie einfach an seine Stelle eine weisse Rose (Ne pas perdre de temps sur un titre Que mettre à la place ?
Une rose blanche), le 18 octobre au Stadttheater de Bremerhaven, RFA. Mise en scène : Gregor Bals.

1971

Rosa Kollektiv, les 3, 6, 14, 21 et 28 avril, 4 et 13 mai, 5 et 17 juin au Staatstheater de Kassel, RFA. Mise en scène : Kai Braak, Günter Fischer et Ulrich Brecht. Décors : Thomas Richter-Forgach.

La Cigogne, le 22 avril à Nanterre. Mise en scène : Pierre Debauche. Décors : Yannis Kokos et Danièle Rosier. Production : Théâtre des Amandiers, Principaux interprètes : Catherine Sellers, Pascale de Boysson, Jean-Pierre Jorris, Jean-Pierre Sentier, Marc Etraud. Nouvelle mise en scène de Pierre Debauche avec les étudiants de l’Institut des Arts de diffusion de Bruxelles.

Rosa collective, lecture par Armand Gatti sur invitation de Lucien Atoun (Théâtre Ouvert) dans le cadre du XXVe Festival d’Avignon.

1972

La Colonne Durruti ou Les Parapluies de la Colonne IAD, (travail collectif avec les étudiants de l’Institut des Arts de diffusion de Bruxelles), les 9, 10 et 11 juin à l’usine Rasquinet, commune de Schaerbeek, Bruxelles. Texte et mise en scène : Armand Gatti. Production : IAD.

1973

L’Arche d’Adelin, neuf mois de travail collectif dans le Brabant wallon, de septembre 72 à mai 73. Coordination du projet, écriture et mise en scène : Armand Gatti. Production : IAD de Bruxelles. Cet ensemble comprend des « pièces-enquêtes » : Notre mémorable partie de basket ; Hervé ou La solitude en quatre nationalités ; La Veuve du paysan, des « pièces-trajets » : Les Barricades pathétiques de l’ouvrier Théophile D. ; Cyrille V., paysan, ne prendra pas le pouvoir ; Tresses d’herbe fraîche pour Mathilde U., ménagère, une « Comédie musicale » : Les Iles et un journal : Ambiorix

1974

Vier Schizophrenien auf der Suche nach einem Land, dessen Existenz umstritten ist (Quatre schizophrénies à la recherche d’un pays dont l’existence est contestée), le 14 février au Forum Theater de Berlin. Mise en scène : Armand Gatti. Décors et costumes : Stéphane Gatti.

La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ?, le 14 juillet à la chapelle des Pénitents blancs dans le cadre du XXVIIIe Festival d’Avignon. Mise en scène : Armand Gatti. Décors : Stéphane Gatti. Musique : Jacky Moreau. Production Théâtre Ouvert, Principaux interprètes : Danièle Chensky, Françoise Thyrion, Olivier Perrier, André Wilms, Paul Allio, Gérard Raynal, Jackie Sapart.

1975

Die Hälfte des Himmels und wir (La Moitié du ciel et nous), le 10 janvier au Forum Theater de Berlin. Mise en scène : Armand Gatti. Décors : Stéphane Gatti.

Le Chat guérillero, expérience d’écriture collective coordonnée par Armand Gatti au CES Jean Lurçat de Ris-Orangis, vingt-sept spectacles mobiles, huit spectacles stabiles dont Le Joint, créé le 21 décembre dans le réfectoire du CES et joué jusqu’au 30 dans le cadre du Festival d’Automne. Texte et mise en scène : Armand Gatti avec deux journalistes-acteurs (Marc Kravetz et Pierre Joffroy). Autres interprètes : Hélène Châtelain, André Wilms, Françoise Thyrion, Gérard Raynal, Yvette Ollier, et des étudiants du département des Sciences de l’éducation de l’université de Paris VIII (Vincennes). Décors : Stéphane Gatti. Production : Festival d’Automne, IRMMAD, Université Paris VIII.

1976

La Passion du général Franco par les émigrés eux-mêmes, le 29 mars aux entrepôts Calberson à Paris. Mise en scène : Armand Gatti. Décors : Gilles Lacombe et Eric Faivre. Production : Théâtre du Palace (direction : Pierre Laville). Principaux interprètes : Didier Sandre, Louis Mérino, Alain Janey, Pierre Vial, Maïté Delamare, Daniel Dubois, Gérard Raynal, Laurence Février, Yvette Ollier...
1976-1977

Le Canard sauvage qui vole contre le vent, septembre 76 à février 77. Création autour de la dissidence soviétique. Exposition-spectacle sous chapiteau. Production : Ville de Saint-Nazaire, IRMMAD, MJEP (Maison des Jeunes et de l’Éducation Permanente de Saint-Nazaire, dirigée par Gilles Durupt).

1977

Le Cheval qui se suicide par le feu, du 12 au 18 juillet, dans le cadre du XXXIe Festival d’Avignon à la chapelle des Cordeliers. Lecture et travail de mise en scène par Armand Gatti avec Hélène Châtelain, André Wilms, Marc Kravetz, Joseph B. Long, Gérard Raynal.
Réflexion sur la pré-écriture avec les témoignages d’Alexandre Galitch, Tania et Léonid Pliouchtch. Production : Théâtre Ouvert, IRMMAD.

La Cigogne, University College de Dublin. Traduction et mise en scène de Joseph B. Long,

1979

The Second Life of Tatenberg Camp (La Seconde existence du camp de Tatenberg), Gulbenkian Theatre, Canterbury. Traduction et mise en scène : Joseph B. Long.

The Second Life of Tatenberg Camp, Lyric Theater, Belfast. Nouvelle mise en scène de Joseph B. Long,

1982

Il Labirinto (Le Labyrinthe), le 22 mai au Theatro Dell’Archivolto de Gênes. Mise en scène : Armand Gatti. Scénographie : Stéphane Gatti.

Le Labyrinthe (nouvelle version), le 1er août dans le cadre du XXXVIe Festival d’Avignon. Mise en scène : Armand Gatti. Scénographie : Stéphane Gatti. Musique : Jacky Moreau. Production : Les Voyelles, ACT Toulouse, Festival d’Avignon. Principaux interprètes : Hélène Châtelain, Emmanuel Schaeffer, Louis Merino, Jean-François Pujol, Marie-Claire Marsan, Martine Vandeville, Didier Carette. Précédant les représentations, ont lieu cinq séances de « pré-écriture » avec : Patrick Ward, Paddy Doherty, les familles des grévistes de Long Kesh, personnages de l’histoire réelle confrontés à l’écriture de la pièce.

1983

A Toulouse, le 16 mars, s’ouvre dans l’ancienne chapelle des Cordeliers, l’Atelier de Création Populaire qu’Armand Gatti nomme L’Archéoptéryx et dont il assure la direction artistique et Jean-Jacques Hocquard, la direction administrative.

Cycle des Poètes assassinés : Bobby Sands, Jacques Stephen Alexis, Otto René Castillo.

La Nuit de Cuchulain et Le Seuil du royaume de W. B. Yeats. Mise en scène par Armand Gatti.

La Sauterelle bleue, adaptation d’une nouvelle de J. S. Alexis (L’Amourette) et mise en scène par Armand Gatti
sous le nom d’Hyppolite Noceur pour signer cette adaptation.

Sous le nom, de Blas Tojonabales, Gatti écrit et met en scène Retour à la douleur de tous, La Route de Zacapa, et sous le nom de Genitivo Rancún, La Crucifixion métisse.

Création de Radio Astrolabe (sur les ondes de Canal Sud) une « radio poétique » où, tous les mercredis et samedis, Armand Gatti lit, commente, invite.

En collaboration avec la librairie Ombres Blanches, il accueille Rafael Alberti, Jean-Pierre Changeux, Serge July, la Fédération anarchiste, Michel Auvray, Jean Delumeau, Michel Vovelle, Philippe Ariès, Jean-Paul Aron.


1984

Mois russe : « 1905 / Russie – 1917 / URSS – 1935. »

Exposition (La Victoire sur le Soleil : Khlebnikov/Malevitch).

Émissions radio. Conférence en collaboration avec Ombres Blanches. Rétrospective du cinéma soviétique des années 1920-1930 avec la Cinémathèque de Toulouse. Créations théâtrales et musicales. La Révolte des objets de Maïakovski, mise en scène par Armand Gatti.

Premier stage CRAFI autour du thème de Nestor Makhno : Création de L’Émission de Pierre Meynard, texte et mise en scène d’Armand Gatti avec les jeunes en stage de réinsertion. Décors de Stéphane Gatti. Tournage vidéo de l’ensemble de l’expérience par Hélène Chatelain : Nous ne sommes pas des personnages historiques, Vidéo BVU, 90 minutes.

Accueil avec Ombres Blanches de Michel Serres, Jean-Michel Palmier, Michel Lépine, Alain Robbe-Grillet.

Die zweite Existenz des Lagers Tatenberg , (La Seconde existence du camp de Tatenberg), le 8 février au Akademie theater de Vienne, Autriche. Mise en scène de Klaus Höring.

1985

Mois sur la résistance allemande, organisé en collaboration avec le Goethe Institut et Ombres Blanches.

Exposition : « La Résistance allemande 33-45 », conférences, émissions radio, théâtres et musique.

Seeschlacht de Reinhardt Goering, mise en scène par Armand Gatti.

Début du deuxième stage CRAFI et présentation du Dernier Maquis qui traite de l’histoire des groupes anarchistes espagnols ayant continué la résistance dans les années cinquante.

Tournages vidéo avec des anarchistes espagnols, La communauté Hmong par Hélène Châtelain, Les gens de la moitié du chemin, écriture d’un scénario autour de Manuel José Arce, (film réalisé par Stéphane Gatti : Le Correspondant de guerre).

Participation en juin à la première manifestation du Théâtre international de langue française (T.I.L.F.) au Centre Georges Pompidou : rencontre Gatti-Garneau ; lecture par Armand Gatti du Poème cinématographique (version théâtrale) ; représentation du Dernier Maquis, texte et mise en scène d’Armand Gatti lors d’un deuxième stage de jeunes en réinsertion (CRAFI). Décors et vidéos de Stéphane Gatti ; projection de Nous ne sommes pas des personnages historiques.

L’expérience de l’Atelier de Création Populaire L’Archéoptéryx s’arrête en septembre.

1986

Opéra avec titre long, au Théâtre du Monument national de Montréal. Texte et mise en scène : Armand Gatti. Musique : Joël Bienvenue. Production : l’École nationale de théâtre du Canada.

Ulrike Meinhof , au Dramatisches Zentrum de Vienne, Autriche. Écriture collective dirigée par Armand Gatti

Les Arches de Noé, texte d’Armand Gatti, mise en scène d’Hélène Châtelain assistée d’Armand Gatti. Troisième stage de jeunes en réinsertion (CRAFI) à Toulouse, spectacle présenté au Théâtre Berthelot à Montreuil-sous-Bois le 28 janvier 1987.

1987

Die sieben Möglichkeiten des Zuges aus Auschwitz, (Les Sept possibilités du train 713 pièce écrite à partir des Arches de Noé), le 26 mars au Dramatisches Zentrum de Vienne, Autriche. Texte et mise en scène : Armand Gatti.

Le Passage des oiseaux dans le ciel, le 16 novembre à l’université du Québec à Montréal (UQAM). Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Cette pièce écrite à partir de la version théâtrale du Poème cinématographique, a été lue par l’auteur pour la réouverture à Paris de Théâtre Ouvert, cité Véron.

1988

Les Sept Possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz, du 19 au 23 avril à l’université de Rochester, État de New York. Texte et mise en scène : Armand Gatti.

Nous, Révolution aux bras nus, 4 et 5 juillet, dans le cadre du quatrième stage de réinsertion (CRAFI), Toulouse. Texte et mise en scène : Armand Gatti,

Dans le cadre de l’attribution des Grands Prix nationaux, Armand Gatti reçoit, le 19 décembre, des mains de Jack Lang, ministre de la Culture, le Grand Prix National du Théâtre.

1989

Les Combats du jour et de la nuit à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, 25-28 avril, dans le cadre d’un stage de réinsertion organisé par le ministère de la Justice à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Texte et mise en scène : Armand Gatti.

Le 20 juin, il reçoit à Asti, Italie, le Prix Alfieri, récompensant « un grand poète français d’origine italienne. »

Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz. Texte d’Armand Gatti lu par l’auteur à la maison de la Culture de Bobigny le 18 décembre.

1990

Le Cinécadre de l’esplanade Loreto reconstitué à Marseille pour la grande parade des pays de l’Est, les 9, 10, 11, 12 juillet, dans le cadre de « L’Été marseillais », stage de réinsertion, organisé par la Mission locale des XVe et XVIe arrondissements. Texte et mise en scène : Armand Gatti. Présentation du spectacle dans le studio de FR3 Provence-Côte d’Azur.

1991

Ces Empereurs aux ombrelles trouées, du 9 au 19 juillet au Musée lapidaire. Dans le cadre du Festival d’Avignon, création d’un spectacle avec des habitants des quartiers périphériques. Texte et mise en scène : Armand Gatti. Scénographie et costumes : Stéphane Gatti. Musique : Schönberg et Jean-Paul Olive.

1993

Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz. Texte d’Armand Gatti. Parcours théâtral en sept lieux (Drancy, Tremblay, Ville-Evrard, Montreuil, Bagnolet, Bobigny, Saint-Denis) et quinze chapitres. Dramaturgie : Michel Séonnet. Mise en scène : Dominique Lurcel, Najib Galhalle, Yvon Davis, dans une scénographe de Stéphane Gatti. Musique : Jean-Paul Olive. Présenté en Seine-Saint-Denis les 6, 7 et 13, 14 février 1993.

Marseille Adam quoi ?. Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Présenté sur deux jours, les 26 et 27 juillet dans Marseille. Produit par la Parole errante avec le soutien de la Friche de la Belle-de-Mai, du théâtre du Merlan, du théâtre Toursky, avec la collaboration du cinéma l’Alhambra et l’école Yavné. Ce spectacle a été créé avec quatre-vingt stagiaires dans le cadre d’un stage organisé par Culture Promotion Méditerranée

La Deuxième existence du camp de Tatenberg. Mise en scène d'Eric Salama Théâtre du Garage, Genève, Suisse.

1994-1995

Kepler, le langage nécessaire, devenu à Strasbourg Nous avons l’art, afin de ne pas mourir de la vérité. Frédéric Nietzsche. Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Présentation du travail les 5, 6, 7 juillet 1995. Produit par la Parole errante et la Laiterie, en collaboration avec le Jardin des Sciences de Strasbourg, le théâtre du Maillon, la maison d’arrêt, Action culturelle du bassin lorrain, l’université Louis Pasteur de Strasbourg.

1996

L’Enfant-Rat, créé le 26 septembre, sous un chapiteau à Limoges, dans le cadre du Festival des francophonies. Mise en scène Hélène Châtelain.

1996-1997

L’Inconnu n°5 du fossé des fusillés du pentagone d’Arras. Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Musique de Jean-Paul Olive, maître de chant Sarah Franco-Ferrer, scénographie de Stéphane Gatti. Travail présenté les 28, 29 et 30 janvier 1997 à Sarcelles dans le cadre d’un stage de 60 personnes, organisé par Solidarité Jeunes Travailleurs (SJT).

1997-1998

Premier voyage en langue maya . Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Musique de Pierre-Henri Bardel. Scénographie de Stéphane Gatti. Travail présenté à La Maison de l’Arbre, à Montreuil les 28 et 29 juin 1998.

1998-1999

Deuxième voyage en langue maya avec surréalistes à bord . Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Musique de Pierre-Henri Bardel. Scénographie de Stéphane Gatti. Travail présenté à Genève à l’usine de Sècheron, dans le cadre d’un stage « mixte » franco-suisse avec des « loulous » des deux pays, les 26, 27 et 28 janvier 1999.

Incertitudes de Werner Heisenberg. Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales dans la tempête et dire Jean Cavaillès sur une aire de jeu. Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Musique de Jean-Paul Olive et Pierre-Henri Bardel. Maître de chant Sarah Franco Ferrer. Scénographie de Stéphane Gatti. Travail présenté à Genève, dans les anciens locaux industriels de la S.I.P., dans le cadre d’un stage d’insertion organisé par l’AVAG, avec le soutien du Théâtre Saint-Gervais, les 3, 4, 5 juillet 1999.

2000

Incertitudes de la mécanique quantique devenant chant des oiseaux du Graal pour l'entrée des groupes de Galois dans le langage dramatique . Ce texte a été lu par Gatti dans le cadre du Colloque  : Temps scientifique et Temps théâtral le 9 juin 2000.

2001

La Parole errante, adaptation du livre d’Armand Gatti par Frédéric Ferrer. Une version jouée à Evreux en janvier 2001.

L’Enclos , Poème mis en scène par Michel Simonot. Présenté à Barcelone, Lisbonne, Thionville, Paris et à Montreuil dans le cadre de l’exposition « Les voyages de Don Quichotte ».

L’Internationale, Texte d’Armand Gatti mis en scène par Sarah Franco-Ferrer dans le cadre de l’exposition « les voyages de Don Quichotte ».

La Passion du général Franco par les émigrés eux-mêmes, texte d’Armand Gatti mis en scène par Stéphane Arnoux dans le cadre de l’exposition « les voyages de Don Quichotte »

Public song before two electric chairs (Chant public devant deux chaises électriques) , texte d'Armand Gatti mis en scène par Gino Zampieri avec pour comédiens 40 personnes venues des horizons les plus diverses (communautés chinoises, noires, mexicaines, SDF, comédiens...). Représentations du 21 au 30 septembre 2001 au Los Angeles Theatre à Los Angeles aux Etats-Unis.

2002

La Parole errante – Traversée 1-, texte adapté du livre La parole errante d’Armand Gatti, mis en scène par Frédéric Ferrer, jouée à La maison de l’arbre, juin 2002.

2003

Les Sept possibilités du train 713 en partance d'Auschwitz .Texte d'Armand Gatti. Mise en scène, Eric Salama. Comédiens, Compagnie 94. Représentations du 14 janvier au 2 février au théâtre Saint-Gervais de Genève.

Adaptation de Incertitudes de la mécanique quantique devenant chant des oiseaux du Graal pour l'entrée des groupes de Galois dans le langage dramatique par  la section Théâtre Etudes de l'INSA, mise en scène Nicolas Ramond, en présence de l'auteur lors des 12èmes Rencontres internationales du Théâtre universitaire de Franche-Comté le 15 mars.

Le Couteau d’Evariste Galois avec lequel Dedekind fait exister la droite en mathématiques, ce soir traits d’Hexagrammes à la recherche du livre des mutations ( premier titre : Eventualité de la géométrie survivante du Colloque d’Erlangen ), Texte écrit et mis en scène par Armand Gatti, assisté d’Emmanuel Deleage, au Théâtre Universitaire de Franche Comté à Besançon, avec la participation de centre Jacques Petit et La parole errante. Coordination : Lucile Garbagnati. Travail mené durant les mois de juillet et août avec des étudiants français et étrangers, représentations publiques les 28, 29, 30, août 2003 au gymnase Fontaine Ecu à Besançon.

2006

Les Oscillations de Pythagore en quête du masque de Dionysos . Texte et écrit et mis en scène par Armand Gatti. Assistants d'Emmanuel Deleage, Matthieu Aubert. Kung Fu: Frédéric Cressel. Maître de chant : Sarah Franco-Ferrer. Travail mené durant les mois de juillet et août avec des étudiants français et étrangers, représentations publiques les 27, 28, 29, 30, août 2006 aux anciennes cuisines de la Maison de santé de Ville-Evrard.

 

2007

Le Passage des oiseaux dans le ciel. Lecture le 10 juin à la Comédie française par les comédiens de l la troupe. Retransmission radio en direct sur France Culture.

 

2008

Dans le cadre de Mai 1968-Mai 2008 : Lectures et mises en scènes de 4 pièces extraites du Petit manuel de guérilla urbaine et Le Joint par Jean-Marc Luneau, Mohamed Melhaa et Eric Salama. Samedi 14 juin, salle Maria Casarès du Nouveau théâtre de Montreuil.

 

2009

A la Parole errante à la Maison de l’arbre, les 28 et 29 mai, Montreuil, reprise de Le Joint, mise en scène Eric Salama avec la Compagnie 94 de Genève.

Première résidence d’Armand Gatti, Refuges des résistances, dans le Limousin du 2 mai au 11 juillet : représentation, exposition, lectures, projections, ateliers d’écritures.

 

2010

A la Parole errante à la Maison de l’arbre à Montreuil, les 24 et 25 juin, dans le cadre de l'expostion 1954, 1965, 1968, 2006
 Amérique latine, miroir de nos engagements dans le temps représentations de La Naissance, mise en scène de Mohamed Melhaa et de Le Quetzal, mise en scène d'Eric Salama.

Du 5 juillet au 25 août 2010. Dans le cadre de la deuxième résidence d'Armand Gatti dans le Limousin, création de Science et Résistance battant des ailes pour donner aux femmes en noir de Tarnac un destin d’oiseau des altitudes. Texte et mise en scène d’Armand Gatti avec 30 étudiants français et étrangers. Représentations les 23, 24 et 25 aôut à Neuvic (19).

 

2012

La Cigogne. Mise en scène : Matthieu Aubert. Eclairages : Benoît Cornard. Régie : Guillaume Hébrard. Avec Matthieu Aubert (Kawaguchi), Thérèse Bonnétat (Tomiko), Haciba Boucenna (Atom boy), Yves Flank (Mashimoto), Nicolas Leroy (Tsubakiyama), Ilyes Mniai (Enemon), Flora Némoz (Kutsuken), Pascal Nyiri (Nomura), Marie-Line Schrotzenberger (Miss Ayasaki). A la PArole errante en avril 2012. Tournée à Montpellier et Carcassonne.


Rosa Collective. Création en août. Représentations les 30, 31 août et 1er septembre à La Parole errante à La Maison de l'arbre, Montreuil.. Mise en scène Armand Gatti, assisté de Mohamed Melhaa et Matthieu Aubert. Scénographie de Stéphane gatti, assisté de Emmanuelle  Amann, Alex Meunier, Jean-Marc Luneau, Benjamin Gatti. Avec :  Matthieu Aubert,  Mohamed Melhaa, Audrey Olivetti, Léa Loyer, Souliko Tchkaïdzé, Delphine Didier, Pauline Rumen, Myriam Saingre, Ornella Baccarani, Noémie Beauvallet, Camille Ferrand, Jean-Paul Iwanon, Sébastien Turner, Hugo Botter, Lucas Arnoldi. Production : La Parole errante, direction Jean-Jacques Hocquard & Armand Gatti.

 

2013

Ces Empereurs aux ombrelles trouées : De mars à décembre : Atelier de création théâtral dirigé par Armand Gatti et Matthieu Aubert. Cette pièce d'Armand Gatti a été créée en 1991 au Musée Lapidaire à Avignon.  Vendredi 30 et samedi 31 août 2013 à La Parole errante à La Maison de l'arbre, Montreuil : représentations de Ces Empereurs aux ombrelles trouées (mise en scène Armand Gatti et Mathieu Aubert dans le cadre de l'atelier mené de mars à décembre 2013) et de La Tribu des carcanas en guerre contre quoi ? (mise en scène Armand Gatti et Mohamed Melhaa). 13 juin : Prix Théâtre de l'Académie Française pour l'ensemble de son oeuvre.


2014

Du 18 au 26 janvier : les 90 ans d'Armand Gatti à La Parole errante, Montreuil. Réprésentation Le Poème de Berlin ou Les Personnages de théâtre meurent dans la rue, texte Armand Gatti, mise en scène Jean-Marc Luneau et de Ces Empereurs aux ombrelles trouées, texte Armand Gatti, mise en scène Armand Gatti et Matthieu Aubert.  Juillet : Création de Résistance selon les mots, texte et mise en scène d'Armand Gatti avec avec les étudiants de la 74e promotion de l’ENSATT, l'Ecole de la comédie de Saint-Etienne, l'Université de Lyon.  Représentation le 29 juillet à l'ENSATT (studio Lerrant), Lyon, à l'occasion du Festival "Les Nuits de Fourvière".

lien permanent

Editions

ŒUVRES DE GATTI (ordre chronologique)

La Vie de Churchill, Armand Gatti, Pierre Joffroy, avec le compagnonnage de Kateb Yacine, Paris, Le Seuil, 1954.

Envoyé spécial dans la cage aux fauves, Paris, Le Seuil, 1955.

Chine, Paris, Le Seuil, coll. Petite Planète, 1956.

Sibérie, 0 + l’infini, Paris, Le Seuil, 1958.

Le Poisson noir, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1958.

Le Crapaud-buffle, (répertoire TNP), Paris, éd. de l’Arche, 1959.

Enfant d’Asie, préface d’un ouvrage du photographe Dominique Darbois, Paris, éd. Prisma, 1959

Le Quetzal , in Europe, n° 374, juin 1960.

L’Enfant-rat et Le Voyage du Grand Tchou, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1960.

Le Bombardement de Berlin, poèmes, et Le Saule et le peuplier, traduction d’un poème de Mao Tsé-toung, in Plus (revue poétique bruxelloise), 1960.

L’Enclos, scénario et dialogues, in L’Avant-scène du cinéma, n° 5, Paris, 1961.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., La Seconde Existence du camp de Tatenberg, Chroniques d’une planète provisoire, avec préface de l’auteur Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1962.

L’Enclos, poème, in J. MICHAUD, Armand Gatti, L’Enclos, Paris, Fayard,1962 Chanson de l’enfant riche qui a perdu son enfance et Chant des combattants qui vont conquérir le ciel , poèmes du film El Otro Cristobal, in Miroir du cinéma, n°3, Paris, 1962.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. (version jouée à Villeurbanne), in Avant-scène, n 272, septembre 1962.

La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. , in Theater heute, n° 11, 1963.

Chant public devant deux chaises électriques, avec préface de l’auteur, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1964.

Chant public devant deux chaises électriques, (répertoire TNP), Paris, éd. de l’Arche, 1966.

V comme Vietnam, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1967.

Les Treize Soleils de la rue Saint-Blaise, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1968.

La Naissance, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1968.

La Passion du général Franco, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1968.

Journal d’un guérillero, préface de l’auteur, Paris, Le Seuil, 1968.

Un Homme seul, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1969.

Les Hauts Plateaux ou Cinq Leçons à la recherche du Vietnam pour une lycéenne de Mai, in Journal Action, Paris, 1969.

La Journée d’une infirmière ou Pourquoi les animaux domestiques? , in Partisans, n°56, novembre-décembre 1970.

Rosaspartakus prend le pouvoir, in Travail théâtral, n° 3, Paris, avril-juin 1971.

Moretti 3000 sur la place des Appels , poème paru avec des textes de Luis Nucera et de Joseph Kessel, in Moretti, (Catalogue), Zoug (Suisse), éd. Les Clefs du temps, 1973.

Rosa collective, Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1973.

Armand Gatti – IAD. La Colonne Durruti, in Cahiers théâtre Louvain, n°14-15-16-17, Leuven (Belgique), 1974.

Les Analogues du réel, in Cahiers du dragon, n°5, Paris, octobre 1974.

La Passion du général Franco par les émigrés eux-mêmes et La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ? Paris, Le Seuil, coll. Théâtre, 1975.

La Passion du général Franco par les émigrés eux-mêmes, in Avant-scène, n°586, Paris, mai 1976.

Pour un spectacle sans spectateurs, essai d’écriture collective non commercialisable et L’Arche d’Adelin, texte de la pièce, in Armand Gatti dans le Brabant-Wallon : une expérience-spectacle de huit mois (sans spectateur), où tous les âges de l’homme sont au rendez-vous, Cahiers théâtre Louvain, n° 26-27-28-29, Leuven (Belgique), 1977.

Le Labyrinthe tel qu’il a été écrit par les habitants de l’histoire de Derry deuxième version du Labyrinthe, ainsi qu’une étude sur Bobby Sands, poète, de Michel Séonnet, in Notes de travail en Ulster, Toulouse, éd. Pierres Hérétiques, 1983.

Occitanie, poème, in L’Archéoptéryx et son œuf géant, n° 0, Toulouse, février 1983.

La Mer du troisième jour. La Mer qui ampute le cinquième point cardinal. La Mer malade du cinquième point cardinal. Mer pascale poème, in L’Éther vague, Toulouse, Ed. L’Ether Vague, à l’occasion du 10e anniversaire de la maison d’édition, 1986.

Le Point d’interrogation, fragments, in catalogue Saby (1925-1975)

Rétrospective au Musée d’art moderne de la ville de Paris, 12 février-13 avril 1986.

Opéra avec titre long, préface d’Hélène Chatelain, Toulouse, L’Éther Vague, 1987.

Il tuo nome era Letizia / Ton nom était joie, poème, Montreuil, La Parole errante, 1987.

Les Analogues du réel, Toulouse, L’Éther Vague, 1988.

Les Sept Possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz, Seyssel, éd. Comp’Act, 1989.

Œuvres théâtrales, introduction et présentations par Michel Séonnet, Lagrasse, Verdier, juin 1991, (trois tomes, regroupant 44 pièces 1958-1990 sous coffret).

Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz, Lagrasse, Verdier, 1992.

Docks, comment Sauveur Lusona mon grand-père a fait des docks du port de Marseille un jardin japonais, Marseille, Libraire à Marseille, 1992

Le Cinécadre de l’Esplanade Loreto, in Gatti à Marseille, Coproduction 13 Production, La Parole errante, Verdier, Lagrasse, Verdier; 1993, (coffret livre/vidéo.)

La journée d’une infirmière, Lagrasse, Verdier, 1993.

Notre tranchée de chaque jour, Lagrasse, Verdier, 1996.

Les Personnages de théâtre meurent dans la rue, in Axolotl Revue nomade, Paris, n°1, 1996. (Des extraits de ce poème avaient été publiés dans : Gatti, journal illustré d’une écriture, Artefact, 1987. En 1973, à partir de ce poème, le peintre Oskar Gonschorr crée vingt-cinq affiches tirées en sérigraphie à dix exemplaires.)

L’enfant-Rat, Lagrasse, Verdier, 1997

La Part en trop, Lagrasse, Verdier, 1997.

Incertitudes de Werner Heisenberg, Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales dans la tempête et dire Jean Cavaillès sur une aire de jeu, Genève, Ed. Metropolis, 1999.

La Parole errante, Lagrasse, Verdier 1999

De l’anarchie comme battements d’ailes I : préface, La famille des collines qui avait deux ailes à son nom , 1er volume Chicago, Les Cinq solitudes du mot Révolution pour chanter les destins d’un enfant Uccello sur les bords du lac Calumet , Paris, Syllepse, 2000.

De l’anarchie comme battements d’ailes II : 2ème volume, Les pigeons de la grande Guerre. Paris, Syllepse, 2001.

Incertitudes de la mécanique quantique devenant chant des oiseaux du Graal pour l’entrée des groupes (de Galois) dans le langage dramatique, in les cahiers de Coulisses, hors série, Besançon, juin 2001.

Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide (première version), in Revue Coulisses, hors série n°1, Besançon, octobre 2002.

De l’anarchie comme battements d’ailes III : 3ème volume, DOCKS, Comment Sauveur Lusona mon grand–père a fait des docks du port de Marseille un jardin japonais , Paris, Syllepse, 2002.

Armand Gatti, la traversée des langages,in revue Coulisses, hors série n°1, P.U.F.C., Besançon, juin 2003.

De l’anarchie comme battements d’ailes IV :
4ème volume, Ton nom était joie , Paris, Syllepse, 2003

Chant de l'Inconnu N°5 (CD audio), Nantes, Editions du Petit Véhicule/Science 89, 2005.

Envoyé spécial dans la cage aux fauves, Paris, Editions Cartouche, 2005.

Le Couteau-toast d'Evariste Galois, Paris, Verdier, 2006.

Les Cinq noms de résistance de Georges Guingouin, Limoges, Edition Le bruit des autres, 2006.


La Première lettre, Limoges, Edition Le Bruit des autres, 2007.


22 Octobre 1941 - Ce que chantent les arbres de Montreuil - 22 octobre 2000, Montreuil, La Parole errante, 2007.


Le Ciel est dans la rue : Cuba 1962-1965, Paris, Edition du Toucan, Tirage limité à 2500 exemplaires, 2007. Texte illustré des photographies de Paolo Gasparini.


Les Arbres de Ville-Evrard lorsqu'ils deviennent passage des cigognes dans le ciel, Armand Gatti. Lagrasse, Verdier, 2009.


Le Poisson noir - Un Homme seul, Armand Gatti. Lagrasse, Verdier poche, 2009.


Ce que chantent les arbres de Montreuil - Mort ouvrier, Armand Gatti. Limoges, Edition Le Bruit des autres, 2009.


Le Bombardement de Berlin, Armand Gatti. Baumes-Les-Dames, Edition Aencrages, 2009.


Le Lion sa cage et ses ailes : huit films d'Armand Gatti, Armand Gatti. Coffret de 2 DVD, Edition Montparnasse vidéo, 2011.


La Traversée des langages, Armand Gatti. Lagrasse, Verdier 2012.

 

Possibilité de la symétrie virtuelle se cherchant à travers les mathématiques selon les groupes de la dernière nuit d'Évariste Galois, Editions L'Entretemps 2012.
 

TRADUCTIONS

Der Schwarze Fisch (Le Poisson noir), traduit par W.M. Guggenheimer, Francfort-sur-le Main, Fischer Verlag, 1962.

Die zweite Existenz des Lagers Tatenberg, (La Deuxième Existence du camp de Tatenberg), traduit par E. Helmlé, Francfort-sur-le Main, Fischer Verlag, 1964.

Das imaginäre Leben des Strassenkehres Auguste G.
(La Vie Imaginaire de l’éboueur Auguste G.), traduit par E. Helmlé et Die Schlacht der Sieben Tageund der Sieben Nächte (Un homme seul), traduit par Gerlda et Helmut Scheffel, Francfort-sur-le Main, Fischer Verlag, 1966.

Öffentlicher Gesang vor zwei elektrischen Stühlen (Chant public devant deux chaises électriques), traduit par G. Scheffel, Francfort-sur-le Main, Fischer ,Verlag, 1967 .

La Vita dello spazzino Augusto G. (La Vie Imaginaire de l’éboueur Auguste G.), traduit par A. Lazzari, in Sipario, n 268-269, agosto /settembre 1968.

V comme Vietnam, traduit par A. Lazzari, Milano, Ed. Einaudi, coll. Teatro 122, 1968

V de Vietnam, traduit par Michel Bilbatua, Espagne, Madrid : Ed. Editorial Guadernos para el Dialogo, 1968


General Francos Leidenswege ( La Passion du général Franco) et V wie Vietnam (V comme Vietnam), traduit par F. R. Fries et G. Scheffel, Francfort-sur-le Main, Fischer Verlag, 1969.

Gli altipiani. Cinque lezioni alla ricerca del Vietnam per una liceale di Maggio (Les Hauts Plateaux ou Cinq Leçons à la recherche du Vietnam pour une lycéenne de Mai) , traduit par A. Lazzari, in Il Lavoro Teatrale, Piccolo Teatro di Milano, Parma , Guanda editore, 1969

Kleines Handbuch der Stadtguerilla. Vier Stücke (Petit manuel de guérilla urbaine. Quatre pièces), traduit par E. Schmidt, Munich, dtv, 1971.

Vier Schizophrenien auf der Suche nach einem Land, dessen Existenzumstritten ist, (Quatre schizophrénies à la recherche d’un pays dont l’existence est contestée), traduit poar K. Moser et C. Rateuke, Berlin, le Forum Theater, Verlag der Autoren, 1974.

Rosa Kollektiv, (Rosa Collective), traduit par R. Voss, Francfort-sur-le Main, le Forum Theater de Berlin, Verlag der Autoren, 1974.

Die Hälfte des Himmels und wir, (La Moitié du ciel et nous), traduit par E.Wendt Kummer, Berlin, édité par le Forum Theater de Berlin, 1975.

General Francos Leidenswege dargestellt von den Emigranten selbst
, (La Passion du Général Franco par les émigrés eux-mêmes), traduit par E. Moldenhauer, Francfort-sur-le Main, Verlag der Autoren, 1976.

Il labirinto ( Le Labyrinthe), traduit par G. Zampieri, Gênes, éd. du Theatro Dell’Archivolto, 1981.

Les larmes de la Vierge (et du Prototype) / Le lacrime della Vergine (e del Prototipo) trad. par Amilcare Barbero, in Creare per Crea, catalogue, Regione Piemonte, Parco naturale e Area attrezzata del Sacro Monte di Crea, La Parole errante, 1987.

Your name was joy ( Ton nom était joie), traduit par Teresa L. Jillson, in 50 : A celebration of Sun & Moon Classics, Los Angeles, 1995.

El cercado (L’Enclos), traduit par Francisco Javier Irazoki, in Elgacena, n° 21, Tierra Estella, octobre 1999 ; in Caja baja n°3, printemps 2003.

The Second Life of Tatemberg Camp ( La Seconde existence du camp de Tatenberg), The Stork, A Day in the Life of Hospital Nurse (or Why House Pets ?) , in Armand Gatti, Three Plays, traduction et introduction de Joseph Long, Scheffied Academic Press Ltd, Scheffied, 2000.

Two Plays : The Seven Possibilities for the train 713 ( Les 7 possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz) et Public song before two electric chairs (Chant public devant deux chaises électriques) traduit par Teresa Meadows Jillson et Emmanuel Deleage, Ed. Green Integer 51, Los Angeles, 2002.

La Pasión del General franco (La Passion du Général Franco) Préface de Miguel Ángel López Vásquez, Armand Gatti en un único trayecto. Traduit par Miguel Ángel López Vásquez et Ángeles Gonzáles Fuentes, Ed. KRK, Espagne : Oviedo, 2009.

Muerte-Obrero (Mort-ouvrier) Préface de Miguel Ángel López Vásquez, Las palabras. Traduit par Miguel Ángel López Vásquez et Ángeles Gonzáles Fuentes, Ed. KRK, Espagne : Oviedo, 2009.

Antología. Armand Gatti Préface : Francisco Javier Irazoki., Ed. Demipage, Espagne : Madrid, 2009.

La Vida imaginaria del basurero Auguste G. (La Vie de l'éboueur Auguste G.) Préface de Miguel Ángel López Vásquez, Muerte de un anarquista. Traduit par Miguel Ángel López Vásquez et Ángeles Gonzáles Fuentes, Ed. KRK, Espagne : Oviedo, 2010.

La Columna Durruti Auguste G. - La Tribu de Carcana ¿ en guerra contra qué ? (La Colonne Durruti - La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ?) Préface de Miguel Ángel López Vásquez. Traduit par Miguel Ángel López Vásquez et Ángeles Gonzáles Fuentes. Coll. "Tras 3 letras". Ed. KRK, Espagne : Oviedo, 2011.

 

Çöpçü auguste G. nin Düşe Çalan Yaşamι (La Vie Imaginaire de l’éboueur Auguste G.) traduit par yberk Erkay, Turquie, Istanbul , Mitos Boyut, 2011

 

De la anarquía como un batir de alas (De l'anarchie comme battements d'ailes)  Préface de Miguel Ángel López Vásquez. Traduit par Miguel Ángel López Vásquez et Ángeles Gonzáles Fuentes. Coll. "Tras 3 letras". Ed. KRK, Espagne : Oviedo, 2013

 

JOURNAUX PUBLIES SOUS LA DIRECTION D'ARMAND GATTI

Le Canard sauvage, Saint-Nazaire, mjpe-La Tribu, octobre 1976/ février 1977, (quatre numéros).

Journal de la 1ère lettre, L’Isle d’Abeau, La Tribu et L’Isle d’Abeau Animation, 1978, (n° 1 : « La Rencontre », n° 2 : « L’Opéra », n° 3 : « Le Temps de la mésange ». Tirage : cent cinquante exemplaires).

L’Archéoptéryx et son œuf géant,
Toulouse, Les Voyelles - Atélier de Création Populaire, 1985, ( journal de l’Atelier de Création Populaire, premier numéro en février 83, dernier numéro (31) en juin 1985.)

And our names were names of trees, Derry, Printed by Fivelamp Printers LTD, Newmarket St., Mars/juin 1981, (Journal d’Irlande, quatre numéros).

L’Oiseau flûteur qui voulait joindre les cinq échelles de l’univers, Montreuil, La Parole errante, 1988-89, (journal de La Parole errante, dix numéros).

 

QUELQUES PUBLICATIONS AUTOUR DE ARMAND GATTI

 

Armand Gatti : Multiplicity of vision in action theatre In : Modern Drama n°1. Bettina L. Knapp. Etats-Unis, New-York : Alba Amoia - The Whiston Publishing Compagny, mai 1969.

 

Gatti aujourd'hui, Gérard Gozlan et Jean-Louis Pays. Paris, Seuil, 1970.

 

Armand Gatti – IAD. La Colonne Durruti,  Belgique, Louvain-la-Neuve, Cahiers Théâtre Louvain n°14-15-16, 1972.


Armand Gatti dans le Brabant Wallon : une expérience – spectacle de 8 mois (sans spectateur), où tous les âges de l’homme sont au rendez-vous,  Belgique, Louvain-la-Neuve, Cahiers Théâtre Louvain, 1977.

 

Gatti, journal illutré d'une écriture, catalogue de l'exposition 50 ans de théâtre vus par les trois chats d'Armand Gatti, Collectif. Montreuil, La Parole errante & le CAC, 1987.


L'aventure de la parole errante, Marc Kravetz. Lagrasse, Verdier, 1987.


Armand Gatti in the Theatre: Wild Duck Against the Wind , Dorothy Knowles. Fairleigh Dickinson Univ Pr,  1987.


Dramaturge des années 60 : Césaire, Cousin, Gatti, David Braddy.  Lille : Presse Universitaire de Lille,  1990.


La Poésie de l'étoile, Claude Faber. Entretien avec Armand Gatti. Paris, Descartes et Cie,  1998.


Puzzle incomplet pour raconter Armand Gatti poète avec les mots du journaliste, Marc Kravetz, Paris, Jean-Michel Place, 2003.


Armand Gatti, l'arches des langages, Collectif. Dijon, Editions universitaire de Dijon, 2004.


Ces Canards sauvages qui volaient contre le vent - Armand Gatti à Saint Nazaire septembre 1976 - février 1977 , Collectif. Saint-Nazaire, Edition MEET, novembre 2009.


Écrire en mai 68 / Armand Gatti, catalogue de l'exposition Comme un papier tue-mouches dans une maison de vacances fermée...", Collectif. Montreuil, La Parole errante, mai 2008.


Revue AG Cahiers Armand Gatti , n°1 , Collectif. Montreuil, La Parole errante, mai 2010.


Revue AG Cahiers Armand Gatti , n°2, Les Cinémas d'Armand Gatti , Collectif. Montreuil, La Parole errante, mai 2011.


Hypothèses de travail pour entrer dans La traversée des langages d'Armand Gatti : Catalogue de l'exposition présentée à La Parole errante, dirigé par Stéphane Gatti. Montreuil, La Parole errante, avril 2012.


Revue AG Cahiers Armand Gatti , n°3, La Traversée des langages , Collectif. Montreuil, La Parole errante, décembre 2012.


Revue AG Cahiers Armand Gatti , n°4, Du journalisme, Collectif. Montreuil, La Parole errante, décembre 2013.

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Filmographie

1958-1959
Voyage en Corée du Nord. Ecrit le scénario et les dialogues de Moranbong chronique coréenne réalisé par Jean-Claude Bonnardot. Le film fut censuré 4 ans pour raisons diplomatiques.

1960-1961
Le Château, d’après Kafka, scénario d’un film non réalisé dont il aurait voulu confier à Charlie Chaplin le rôle principal.
Il réalise son premier film :
L’Enclos. Il écrit le scénario et les dialogues en collaboration avec Pierre Joffroy. Principaux interprètes : H.C. Blech, Jean Négroni.

1962
Septembre, début du tournage à Cuba de
El Otro Cristobal. Scénario, dialogues et réalisation : Armand Gatti. Décors : Hubert Monloup. Lumière : Henri Alkan. Cameraman : Jean Charvein. Interprètes : nombreux acteurs cubains et Jean Bouise dans le rôle de Cristobal.

1963 Le film El Otro Cristobal représente Cuba au festival de Cannes et obtient le Prix des Écrivains de cinéma et de télévision.
Le Parcours du combattant, scénario et dialogues d’un film non réalisé écrit en collaboration avec Pierre Joffroy, sur la guerre d’Algérie.
Joseph Cotinet (autres titres :
La Chouette, L’Ange Joseph Cotinet, Joseph Cotinet ou Le Combat contre l’ange), scénario et dialogues d’un film non réalisé dont le sujet servira de trame au scénario du Passage de l’Èbre (tourné pour la TV de Stuttgart en 1969).

1964
Ils étaient tous Ismaïl ou Selma, scénario d’un film non réalisé.

1965
L’Affiche rouge, scénario et dialogues d’un film non réalisé, écrit avec Pierre Joffroy, dont il écrira, jusqu’en 1968, plusieurs versions (autre titre : Le Temps des cerises) et reprendra le sujet dix ans plus tard avec La Première Lettre, série de six films d’une heure réalisée à L’Isle d’Abeau (ville nouvelle de la région lyonnaise) pour l’INA.
Clara, scénario et dialogues d’un film franco-tchécoslovaque dont le co-réalisateur aurait dû être le cinéaste tchèque Kadar.

1966
Le Temps des cerises, nouvelle version de L’Affiche rouge qui obtient l’avance sur recettes, mais ne sera pas réalisée.
Les Frères Kreistos, scénario d’un film non réalisé.

1967
La Commune. A la demande du réalisateur Marcel Blüwal et pour l’ORTF dirigée alors par M. Biasini, Armand Gatti écrit l’un des scénarios d’une série de trois émissions de trois heures sur la Commune de Paris. Les événements de 68 mettront fin au projet.

1969
 Le Passage de l’Èbre, Première diffusion en Allemagne (TV) le 12 mai 1970. Scénario, dialogues et réalisation : Armand Gatti. Production : SRS (TV de Stuttgart).

1974
Les Katangais, scénario et dialogues d’un film non réalisé, travail documentaire en collaboration avec Marc Kravetz.

1975-1977
Le Lion, sa cage et ses ailes, film vidéo d’Armand Gatti. Six séquences sur Montbéliard à travers ses émigrés : Le 1er Mai (polonais), Arakha (maghrébin), Oncle Salvador (espagnol), La Difficulté d’être géorgien (géorgien), La Bataille des trois P (yougoslave), Montbéliard est un verre (italien). Tournage et montage Stéphane Gatti et Hélène Chatelain. Production : CAC de Montbéliard, Les Voyelles, INA.

1977-1979
La Première Lettre : sept films vidéo d’Armand Gatti. Préparation : octobre-décembre 77. Invention des scénarios et tournage : janvier-juin 78. Écriture des films : juillet-septembre 78. Montage, finition, mixage : d’octobre 78 à juin 79. Tournage et montage : Stéphane Gatti, Hélène Chatelain, Claude Mourieras. Production : INA, Les Voyelles, L’Isle d’Abeau Animation, Ville Nouvelle de L’Isle d’Abeau, Ville de Romans, IRMMAD. Diffusion de six des sept films sur FR3, les 22, 29 juillet, et les 5, 12, 19 et 26 août 1979.

1981-1982
Nous étions tous des noms d’arbres, scénario, dialogues, réalisation d’Armand Gatti. Film coproduit par Tricontinental, RTBF, Les Voyelles, Dérive Production, AGIT et AATON. En 1982, Nous étions tous des noms d’arbres est présenté au Festival de Cannes où il obtient le Prix Jean Delmas de la revue Jeune cinéma, au Festival d’Édimbourg, au Festival de Londres où il reçoit le Prix du meilleur film de l’année, puis au Festival de Dublin.

1987
Ton nom était joie, scénario poème d’Armand Gatti, film vidéo réalisé par Stéphane Gatti. BVU 35 minutes. Prix Télérama du Festival de Montbéliard en septembre 1988.

1988
Chicago, écriture d’un poème sur son père, faisant suite à Ton nom était joie, et devant être réalisé par Stéphane Gatti. Premier tournage prévu à Chicago en avril. (film non réalisé)

1989
Clara, film réalisé dans le cadre de « Salut Armand Gatti », organisé par Michelle Kokosowski à l’université de Paris VIII. Réalisé par Philippe Garrel d’après un scénario d’Armand Gatti et Pierre Joffroy écrit en 1965. Production La parole errante et le C.AC (Centre d’action culturel de Montreuil).

Entretiens avec le poème cinématographique et ses pronoms personnels menés par trois villes Paris, Berlin, Barcelone, un village des collines du Pô, Piancerreto, un camp de concentration, Mauthausen et un non-lieu, Monaco.
Scénario-poème d’Armand Gatti réalisé par Stéphane Gatti.

1990-1991
Écriture et lecture, au cinéma de l’Alhambra à Marseille, de
Docks, scénario-poème sur Salvador, père de Lætitia. (Projet de film non réalisé).
 
1995
L’Homme de Montreuil, synopsis de scénario écrit à la demande du directeur du CNC à l’occasion du 100ème anniversaire du cinéma. Non réalisé.

2003
L’Enclos, sortie à la cinémathèque française. Edition DVD aux éditions Doriane Films et Clavis Films.

2011
Le Lion, sa cage et ses ailes, édition DVD aux éditions Montparnasse. Collection « Le geste cinématographique » dirigée par Nicole Brenez.

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Armand Gatti par Philippe Soupault

Extrait de « Journal d’un fantôme »

de Philippe SOUPAULT

Éditions du point du jour

3ème trimestre 1946


24 décembre 1945

 

De nouveau grippé, je reste couché. Je lis avec attention les revues parues ce mois-ci, les quatre du moins que j'ai reçues. Que de talent ! La partie critique est exceptionnellement brillante. Je suis en admiration devant la virtuosité de la grande majorité des collaborateurs. Analyses, comptes rendus, considérations sont justes, pertinents et d'une évidente intelligence. L'esprit critique triomphe à chaque page.


A la fin de mes lectures je suis un peu ébloui, comme après un feu d'artifice, et je repense à la phrase d'A. B., qui me disait « Ils sont trop intelligents. » On risque d'être injuste - parce que l'on souhaiterait plus d'enthousiasme et de jeunesse. Il est hors de doute, si j'en juge d'après mes lectures récentes, que l'hypertrophie de la critique est étouffante. Le sens de la mesure est peut-être louable, mais il est lassant. Je me pose cette question « Est-ce l'influence de Valéry ou celle de Gide? » A peine un ouvrage vient-il de paraître qu'il est aussitôt disséqué. On ne lui laisse pas le loisir de vivre. On ne permet plus à un auteur de se tromper. Surtout, on ne lui laisse pas le temps de se rendre compte lui-même de son erreur.


Dans tout le domaine intellectuel, cette perspective et cette rapidité de la critique ne peuvent plus avoir qu'un effet dissolvant. On attend que les créateurs secouent cette sorte de tyrannie et imposent le silence à la toute puissante critique.


Je reçois la visite d'un très jeune homme. Pourtant, il a, me dit-il lui-même, vingt-deux ans. Et il ajoute : « Je suis un débutant. » Il aime la poésie avec passion, s'exclame-t-il et il reprend en me regardant bien en face « C'est pour cela que je suis venu vous voir…» Nous parlons de Rimbaud, de Lautréamont. Et je l'interroge. Il me raconte sa vie avec une très remarquable modestie.


Interné dans un camp de concentration, il s'évade et gagne le maquis. Il est amené en Angleterre pour suivre un entraînement spécial (tout à fait spécial) de soldat parachutiste. Il est parachuté en Hollande, regagne l'Angleterre et part en permission pour le Midi de la France. On l'arrête parce qu'on le prend pour un parachutiste allemand. On ne le relâche que trois semaines plus tard, sans un mot d'excuses. Il veut retourner en Angleterre et passe par une ville de France où on l'arrête de nouveau comme parachutiste allemand, mais cette fois pour trois jours. On l'envoie ensuite de garnison en garnison, pour lui faire oublier son entraînement spécial. Puis il est démobilisé et on le jette sur le pavé avec douze cents francs en poche. Il arrive à Paris et peut difficilement trouver une chambre dans un hôtel borgne. Il cherche une place dans un journal, « pour manger », dit-il.


Aucune amertume, du moins en apparence. Quand il se souvient, il ferme quelquefois les paupières très doucement. Mais il sourit, il s'anime, il gesticule dès que nous reparlons de poésie.


Ses jugements sont justes, parfois sévères, lorsque des poètes l'ont déçu, mais il est tout joyeux quand il peut louer sans réserve « Ah! H. M. (1), dit-il, M. lui il est bien, ah oui, il est bien. » Il ne se fait pas beaucoup d'illusions. Il sait que la vie va être dure, mais il en a tant vu qu'après tout, cette nouvelle lutte ne l'effraye pas. Il se moque gentiment de lui-même. « Comme Rastignac », commente-t-il avec un sourire.


Il me demande, à mon tour, mes impressions de prison. Et il approuve certaines de mes réactions. Quand je parle de la camaraderie je vois son visage tout à coup s'éclairer. Ses camarades, comme il en parle avec amour, avec passion. Il compte sur eux, il est sûr d'eux.


Après son départ, je reprends la lecture des revues et m'étonne de ne pas retrouver cet enthousiasme que j'ai vu briller dans les yeux de mon visiteur.


Vers dix heures on frappe de nouveau à ma porte. C'est le jeune poète qui vient me faire lire un conte. Très gêné, mais décidé, il me lit son texte très étrange, inquiétant, contenant de très beaux passages. Influence nette mais pas directe du surréalisme..


Cette lecture a dissipé la timidité de mon visiteur. Il est toujours aussi modeste mais se laisse aller. Il me raconte alors sa vie depuis 1942. Une série d'aventures incroyables, douloureuses : prison, maquis, condamnation à mort, brutalités, évasion, de nouveau le maquis, puis la prise de Tulle, les 99 pendus, la prise de Limoges et la libération, les réquisitions, Paris, l'inquiétude, le manque d'argent, les saouleries... Avec une douceur enfantine et un sourire gêné il me décrit les plus extravagantes journées, les nuits les plus folles qu'ait pu vivre un homme. Ce garçon de vingt-deux ans est resté d'une « pureté » que les jeunes ronds de cuir ou les petits ambitieux sont incapables de connaître.


Je lui demande s'il écrira ses souvenirs. Presque indigné, et brusquement, il me répond : « Non - Sûrement, non... Je veux écrire des poèmes ou des contes... » Dans ses prisons et dans le maquis il a beaucoup lu. Il semble s'excuser de n'avoir pas eu le temps de tout lire. D'après ses récits je comprends que c'est un homme qui aime se battre. Quand il raconte une bagarre il se met aussitôt en garde, comme un boxeur, et je remarque que son visage change, que son regard durcit.


Au cours d'un de ces récits il précise que, à Tulle, je crois, il a pris part à un combat. Ses camarades et lui mirent le feu à une école où étaient cantonnés des soldats allemands qui, enfumés, sortirent de l'école et furent abattus l'un après l'autre. Il semble se réjouir de ce souvenir. Je lui offre une tasse de chocolat, vers minuit. Il lève gentiment sa tasse en m'affirmant qu'il adore le chocolat. Il me dit que les deux dernières nuits de Noël, en 1943 et 1944, il les a passées en prison.


Il reprend bien vite ses questions sur la poésie. Puis il s'en va, en me remerciant d'avoir écouté la lecture de son conte. Et en le voyant partir, si heureux d'avoir parlé de poésie, je pense que c'est moi qui devrais le remercier. Je me promets de ne plus le quitter de vue. Je crois qu'après ce qu'il a vécu, rien, pas même le succès, ne pourra le gâter ou l'éloigner de la poésie.


Je suis réveillé, vers je ne sais quelle heure, par des braillards qui ont trop bu pendant leur souper du réveillon. Ils hurlent une rengaine de 1938 dont je ne sais même plus le nom mais dont je reconnais l'air. Cela me reporte tout à coup sept ans en arrière. Je suis furieux, et ma colère m'éveille définitivement. J'allume la lampe de chevet. Mes yeux tombent sur le fauteuil que je n'avais pas rangé et où était venu s'asseoir mon visiteur, le poète.


Je repense à sa vie pendant ces trois dernières années, et je regrette d'avoir eu la paresse de ne pas noter tous les détails de cette aventure que ceux qui n'ont pas connu les mêmes souffrances ne voudront pas croire. Pourtant je sais, moi qui l'ai entendu, qu'il n'a pas menti. On ne parle pas de la faim, des souffrances de la faim, comme il m'en a parlé, si l'on n'en a pas souffert - et surtout de la joie qui, plusieurs mois après l'avoir éprouvée, transfigurait son visage quand il me décrivait sa satisfaction d'avoir bu du lait (« au moins un demi-litre ! » déclarait-il) après trois jours de marche sans manger.


Parmi toutes les angoisses, les tristesses, les déceptions qu'il a connues, ce qui paraît l'avoir le plus affecté c'est que les trois camarades (qui furent fusillés, après son évasion) condamnés à mort en même temps que lui, se désolidarisaient, qu'ils le traitaient d'aristo (sic) parce qu'il écrivait, qu'il lisait et qu'il citait des vers. Peut-être ce garçon a-t-il connu ce qu'a vécu Rimbaud ? Mais il ignore encore les milieux littéraires qui dégoûtèrent tant R. Ce qui est étrange c'est qu'il ait envie de les connaître. S'il est déçu, ce qui est probable, (je sens déjà que l'attitude de certains poètes l'inquiète) comment réagira-t-il ? Prendra-t-il de nouveau le large. Il me racontait qu'il avait vu un mauvais film (François Villon, je crois) mais qu'à un moment donné quelques phrases l'avaient fait tressaillir. Il citait de mémoire (et à mon tour je cite de mémoire) « Mon âme est comme un chien, vous ne pouvez pas l'enfermer, elle veut sortir... » Pour ne pas décevoir un garçon pareil, il faut que la poésie représente toujours la plus grande liberté et je prends ce mot dans le sens que je ne veux pas cesser de lui donner.


Les braillards (il me semble que ce sont d'autres braillards) chantent plus fort. Ils « s'amusent ». J'ai envie d'aller leur casser la gueule. Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Aimons-nous les uns les autres. Je crois qu'il est temps que j'éteigne ma lumière.


 

(1) H.M. : Henri Michaux

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Prix et distinctions

Armand GATTI

➢ Prix Albert Londres (1954)
➢ Prix Fénéon pour « Le Poisson noir » (1959)
➢ Prix de la critique au Festival de Cannes pour « L’Enclos » (1961)
➢ Prix de la mise en scène au Festival de Moscou pour « L’Enclos » (1961)
➢ Prix Jean Delmas de la revue « Jeune cinéma » pour « Nous étions tous des noms d’arbres » (Cannes 1982)
➢ Prix du meilleur film de l’année au Festival de Londres pour « Nous étions tous des noms d’arbres » (1982)
➢ Grand prix national du théâtre (Ministère de la Culture décembre 1988)
➢ Prix Alfieri, récompensant « un grand poète français d’origine italienne ». (Asti, Italie, le 20 juin 1989)

➢ Chevalier du théâtre (Ministère de la culture d'Egypte, septembre 1993)

➢ La médaille de vermeil Picasso attribuée par l’UNESCO pour sa contribution exceptionnelle au développement du théâtre de notre temps (mai 1994)
➢ Chevalier de la Légion d’honneur (1999)
➢ Commandeur des Arts et Lettres (2004)
➢ Prix du théâtre de la Société des Auteurs (2005)
➢ Grande médaille de vermeil de la Ville de Paris (2007)
➢ Prix du théâtre de l'Académie Française pour l'ensemble de son œuvre (juin 2013)


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Armand Gatti par Frédéric Mitterrand

 

Extrait du livre biographique de Frédéric Mitterrand. La récréation. 

(Ed. Robert Laffont, octobre 2013, pp.385-386).

 

Samedi 26 mars 2011

Armand Gatti, c'est une terra incognita pour le ministère. On en est resté à sa collaboration avec Jean Vilar, qui remonte à plus de soixante ans, et au soutien que lui accordait Malraux, ce qui n'est pas tout récent non plus. On lit distraitement les articles qui lui sont consacrés et qui rendent compte de ses expériences théâtrales avec des jeunes partis en vrille, des détenus, des immigrés qui n'ont jamais eu droit à la parole, et tant pis si les critiques sont toujours élogieuses, on ne va pas voir ses spectacles; on lui accorde juste assez d'argent pour se donner bonne conscience, ce qui n'est vraiment pas grand‑chose. On en a un peu peur, comme de tout ce qui est inclassable et ne rentre pas dans les tiroirs bien rangés du ministère. Sa réputation d'agitateur libertaire inflexible, la petite bande qui travaille avec lui et qu'on ne connaît pas, tout ce militantisme sur le front de la misère culturelle et de l'abandon social qui n'a jamais été récupéré par la gauche du confort intellectuel, ça sent trop le phalanstère, le loin d'ici, le vieux et le passé. Au fond, il a bientôt quatre‑vingt‑dix ans et on attend qu'il meure, le communiqué de condoléances bien senti du ministre est déjà dans les tuyaux. Je veux aller le voir, je veux l'aider, je veux qu'il puisse continuer.

Une petite rue au fin fond de Montreuil. Des entrepôts en ruine et des restes d'usine. Décor d'Alexandre Trauner.

Je m'attends à tout : un accueil maussade, une arrivée comme celle d'un chien dans un jeu de quilles, voire pas d'accueil du tout et la porte close. C'est tout le contraire, une gentillesse et une empathie merveilleuses. Dans son pavillon bourré de souvenirs d'une vie follement aventureuse dédiée à tous les combats contre l'injustice, il m'embarque pour une formidable traversée du siècle portée par un verbe magnifique. Autour de lui, des gens qui ont la moitié de son âge qui l'accompagnent, le soulagent de sa fatigue, mettent en forme les projets qu'il porte. Rien d'une secte, juste un engagement obstiné et désintéressé. A côté, l'atelier théâtre avec le toit qui fuit, le chauffage qui marche mal et plusieurs spectacles par an qui fond salle comble.

 

Avec l'aimable autorisation de Frédéric Mitterrand et des éditions Robert Laffont.

Parution : 24 Octobre 2013 / Format : 1 x 240 mm / Nombre de pages : 726 / Prix : 24,00 € / ISBN : 2-221-13307-2


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